Bras de fer gouvernement/syndicats

Des négociations à n’en point finir

Après l’installation du comité tripartite, chargé d’études et de réflexion sur les modalités d’instauration d’une paix  sociale durable le 16 mars 2017, ce comité vient de parapher le 8 avril dernier à la Primature une résolution prolongeant la trêve pendant la période des travaux. Que prévoit cette résolution ?

Oscar Djinan

Suite au silence du gouvernement sur les points de revendication phares de la plateforme syndicale à savoir l’annulation du décret 687 du 31 octobre 2016 portant réduction des indemnités et primes des agents de l’Etat et de la loi 032 du 31 décembre réglementant le droit à l’exercice de grève, des appels à une reprise de la grève pleuvaient. Mais, pour une 3ème fois, l’on retiendra son souffle. Le gouvernement a utilisé des manœuvres  pour créer d’embouteillage à la plateforme et déjouer la grève. Des négociations qui sont, selon les syndicalistes teintées de mauvaise foi ont conduit à un autre dénouement. Ce fut la création d’un comité technique  tripartite d’études et de réflexion sur les modalités d’instauration d’une paix sociale et durable où, toutes les parties prenantes sont membres et dirigé par Ali Abbas Seitchi, par ailleurs président du Cadre national de dialogue social (Cnds).

La rencontre de signature de la résolution ouvre la brèche aux  nouvelles perspectives de discussions entre le gouvernement et la plateforme sur les 2 points restés jusque-là sujets à controverse. C’est ainsi que la tâche est confiée à un comité ad hoc notamment le Cnds, qui arbitrera de façon à trouver un compromis et rapprocher les points de divergences. L’on fait savoir que le comité identifiera les causes de la crise et les moyens d’en sortir, en faisant des suggestions. Entretemps, la plateforme s’engage à maintenir la suspension de la grève pendant la période de déroulement des travaux dudit comité. Un ouf de soulagement pour le  gouvernement essoufflé des menaces de grève des syndicalistes. Cette trêve permettra au gouvernement d’endormir un tant soit peu la plateforme qui est tombée dans ses mailles. Pour preuve, le Premier ministre Pahimi Padacké Albert dans son allocution lors de cette cérémonie de signature de résolution s’est plongé dans un trafic d’influence. « Il nous faut à tout instant et en toute circonstance bannir notamment les postures clivantes. Je suis conscient de la délicatesse de votre mission, je suis par ailleurs convaincu que dans un effort collectif et dans une dynamique d’ensemble, nous pouvons surmonter tous les écueils et parvenir à une entente sur tous les points de discussions », flatte-t-il l’auditoire. « Les opinions et les convictions éclosent et rivalisent sainement, mais l’essentiel est de trouver à travers le dialogue et la concertation le consensus nécessaire pour l’intérêt national », devait-il ajouter.

Il n’est un secret pour personne, surtout les avertis de la scène politique, la manière où se dresse le consensus au pays de Toumaï, laisse déjà indécis. Certes, pour aboutir à une négociation, il faut tout un processus et avec beaucoup de patience et de courage, mais l’on doute de la célérité des travaux, connaissant ce gouvernement qui veut à tout prix imposer son point de vue en faisant au forceps les choses. Surtout que c’est le paléontologue Mackaye Hassan Taïsso, le contesté du milieu estudiantin qui a signé la résolution du côté du gouvernement. Aussi, la crédibilité de l’arbitre n’est pas à exclure. Il ne serait pas superflu de dire, que ce sont les chacals de la même forêt. A cet effet, les syndicalistes doivent faire preuve d’une grande vigilance, éviter les pots de vin, et quelques aumônes, sinon ils tomberont certainement dans les pièges, et perdront toute crédibilité auprès des travailleurs.

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