Persistance de l’hépatite E dans la région du Salamat

Ça doit préoccuper le gouvernement et ses partenaires

Depuis quelques mois l’épidémie de l’hépatite E sévit  à Amtiman, dans la région du Salamat, inquiétant la population. Pour faire face à cette épidémie, les autorités régionales et les partenaires de la santé ont mis en place un vaste programme de riposte. Mais beaucoup reste à faire pour  éradiquer cette épidémie.

Abdoulaye Mbata Nder, de retour d’Amtiman

Le Salamat est l’une des régions du Tchad où l’accès à l’eau potable se pose avec acuité. Cette situation s’explique par  la nature du relief qui rend difficile l’accès à l’eau potable. Pour cela, il faut  employer de gros moyens.  « Pour avoir  de l’eau, il faut percer le socle et pour y arriver, il faut utiliser des moyens financiers colossaux », explique Mahamat Zen Elhadj Yaya, gouverneur de la région du Salamat. Cependant, comme  la plupart des régions du Tchad, la région du Salamat  manque  également de moyens pour assurer  la couverture totale de région en eau  potable. Ce qui oblige les habitants à consommer de l’eau qui se trouve à  leur  portée. « On consomme de l’eau de pluie qui stagne dans les dépressions et les bassins de rétention parce qu’on n’a pas l’accès à l’eau potable », explique Fatimé Adelkerim. Pourtant ces eaux, ne sont pas potables. Ils sont sources de diverses maladies.

 

 Selon le gouverneur de la région, Mahamat Zen Elhadj Yaya, la consommation de cette eau insalubre est la cause de l’apparition de l’épidémie de l’hépatite E dans la localité. «  Cette épidémie est apparu dans la région, parce que la population consomme de l’eau souillée. Les villages entiers se déplacent à cause de l’eau de pluie », indique t-il. Pour le délégué sanitaire de la région de Salamat,  Dr. Ahmat Elhaj Idriss, cette épidémie a été déclarée officiellement le 14 février 2017. Depuis cette date jusqu’à nos jours, 1241 cas ont été suspectés. Après le test effectué au laboratoire, sur 49 cas, 44  se sont relevés positifs. Malheureusement, l’on note déjà 13 morts à l’hôpital régional d’Amtiman dont 4 femmes enceintes. Cependant des efforts ont été réalisés par les autorités régionales en collaboration avec la délégation sanitaire régionale et ses partenaires pour riposter contre cette épidémie. « Pour faire face à cette épidémie, nous avons multiplié les rencontres avec nos partenaires, initié des formations communautaires, sensibilisé la population à appliquer les mesures d’hygiènes. Mais aussi distribué des kits, réhabilité et construit des forages  pour augmenter l’accès à l’eau potable », renseigne le gouverneur de la région Mahamat Zen Elhaj Yaya. Ces  efforts  réalisés par les autorités régionales dans le cadre de cette lutte, ont été salués par le ministre de la Santé publique Ngarbatnan Carmel Sou IV lors de son passage dans localité du 14  au 16 mars pour le lancement de la campagne contre la rougeole bloc 2 couplé à la lutte contre l’hépatite E. Néanmoins, beaucoup reste à faire surtout dans le cadre de l’accès à l’eau potable. Le gouvernement est conscient de la situation. « Le gouvernement est entrain de faire des efforts nécessaires pour que la population est l’accès à l’eau potable », Souligne Mahamat Zen Elhaj Yaya. Pour cela, elle peut compter sur le soutien de ses partenaires qui n’ont ménagé aucun effort dans cette lutte. « Nous apporterons notre soutien pour aider le Tchad à faire  face à  l’épidémie d’hépatite E en cours qui est une maladie d’origine hydrique dont l’épicentre est Amtiman », explique le représentant de l’Organisation mondiale de la santé(Oms) au Tchad Jean Bosco Ndihokubwayo.