Gestion du Comité local de coordination des cotonculteurs

Le gouverneur fait main-basse

Pourtant, il est reconnu que la Cotontchad Société nouvelle bat de l’aile. Les producteurs de coton accusent plusieurs mois d’impayés. Des engins devant transporter les engrains, le coton grain sont 4 roues en l’air, etc. C’est dans cette ambiance aussi lamentable que le gouverneur de la région du Mayo-Kebbi Ouest Dingamadji Madjior Solness joue sa carte de diablotin.

Armel Allarambaye

L’on a beau dire que la Cotontchad SN se retrouve dans un état de déliquescence avancée, fortement causé par une gestion calamiteuse. L’Etat tchadien, sachant que la situation s’empire de plus bel n’a pas manqué de lorgner des investisseurs qui puissent lui donner un coup de main pour que l’Or noir retrouve sa place de pourvoyeur de fonds. Passé de la Cotontchad à la Cotontchad société nouvelle, c’est dans bien évidemment dans cette dynamique que le gouverneur de la région du Mayo-Kebbi Ouest, Dingamadji Madjior Solness crée de trouble-faits dans le Comité de coordination locale (CCL) des producteurs de coton du Lac Léré. Point besoin de faire un très grand rappel des faits, Le Visionnaire vous avait fait écho des comportements antiéconomiques du préfet du Lac-Léré et du gouverneur tendant à déstabiliser le CCL. Le ministre de l’Administration du territoire et de la Gouvernance locale, Bachar Ali Souleymane, par le truchement de ses collaborateurs ne faisant pas dans la dentelle a frappé du poing sur la table. Le préfet a dû obtempérer, reconnaissant ses dérives outrancières se retirant du fameux cercle mafieux qui veut, vaille que vaille, avoir la mainmise sur les ressources financières du Comité de coordination locale(CCL) logé à l’Union des Coopérative d’épargne et de crédit(UCEC).

En effet, malgré les moult remontrances de sa hiérarchie, le gouverneur n’a jamais entendu raison. A preuve, le message officiel du Secrétaire général du ministère de tutelle du 23 mars dernier a reconnu l’immixtion à la fois du préfet du département du Lac-Léré et du gouverneur de la région du Mayo-Kebbi Ouest dans la gestion  du CCL. Ainsi, il leur a été sommé de cesser avec ces comportements infamants car, il ne relève en rien de leur compétence. Dingamadji Madjior ne pouvant se soustraire à lui-même ne fait que foncer. Dans sa diatribe du 16 mars 2017, adressée au Directeur général de l’Union des coopérative d’épargne et de crédit, le général gouverneur ordonne à procéder à un contrôle sur le compte du Comité local de coordination de la Zone usine de Léré ouvert des livres de l’UCEC de la localité. Ce qui d’ailleurs, ne relève en rien de ses prérogatives simplement du fait que les textes parlent d’une ingérence dans la gestion de cette entité. Et que l’UCEC dispose d’une autonomie de gestion. L’article 04 du décret 137 de 1993 déterminant les modalités de reconnaissance et de fonctionnement  des groupements du monde rural dispose que : « Toute mainmise sur ses activités par les autorités, politiques et administratives est interdite ». Bien bizarre que cela puisse paraître, le gouverneur exigerait la mise à sa disposition la situation du compte du CCL et les pièces comptables de toutes les opérations effectuées dans ledit compte ainsi que la qualité des opérateurs, peut-on lire sur son courrier du 16 mars dernier adressée au directeur général de l’Union des coopératives d’épargne et de crédit de Léré. Ce n’est pas tout. L’arrêté numéro 20 du 20 mars dernier signé de  Dingamadji Madjior Solness, met en place une commission de contrôle de comité local de coordination de la zone cotonnière de Léré piloté par le délégué. Les délégués cantonaux et le bureau exécutif remontent très vite les bretelles au gouverneur et au président de l’Union national des producteurs de coton du Tchad (Unpct). Selon eux, le CCL travaille sur la base de texte interdisant strictement l’ingérence des autorités administratives dans les organisations du monde rural. Le bras de fer est engagé et c’est en ignorant les dispositions légales que le gouverneur cherche à rempiler. Déjà que le pool des juristes et praticiens du droit composé de 4 avocats et 3 huissiers est également sur le qui-vive  pour ne pas laisser les cotonculteurs emportés par les manœuvres dilatoires du gouverneur, le pied est mis sur l’accélérateur. Au moment où nous mettons sous presse, le pool des juristes et praticiens du droit a saisi le ministre de la Justice garde des sceaux pour attirer l’attention du tribunal de Moundou sur les agissements incongrus dont fait preuve le gouverneur Dingamadji Madjior Solness. « Impénitent, l’obstination du gouverneur à aller dans le sens de cette illégalité serait entièrement due aux dévoyés à lui prodigués par le délégué des droits de l’Homme du Mayo-Kebbi Ouest qui serait sa matière grise, car le répondant local du Comité de coordination locale (CCL) est selon les textes , l’Office national de développement rural(ONDR) au point administratif, qui relève du ministère de l’Agriculture », explique le pool des juristes et praticiens de droit par le biais de son coordinateur Me Théophile Bongoro.

Des sources proches du dossier, le délégué aux droits de l’Homme de la région serait mis à profit pour jouer la carte d’une pyromanie de haute gamme. Selon Me Bongoro Théophile, coordonnateur du pool, rien n’arrêtera le retour au droit. Et qu’une Assemblée générale est en vue pour légitimer les membres dignement élus du bureau. « Nous pensons que le gouverneur durcit le ton. Ce qui est clair, 10 délégués cantonaux sont élus et nous les installerons le moment venu. Nous agissons dans la légalité et le ministère de l’Administration du territoire et de la Gouvernance locale nous donnera l’aval », fait savoir Me Bongoro Théophile dans le courrier du 3 avril adressé au garde des Sceaux, M. Ahmat Mahamat Hassane.

De toute cette mégalomanie dont s’illustre le gouverneur, la région est confrontée à bien de problèmes notamment les questions à la sécurité des biens et des personnes, le trafic d’enfants entre autres. Si aujourd’hui les yeux du « cotonculteur » gouverneur de la région du Mayo-Kebbi Ouest sont tournés vers les fonds du Comité de coordination locale des producteurs de coton de Léré, c’est à comprendre combien nos autorités ne lorgnent que l’argent tout en occultant les intérêts de leurs concitoyens. Le ministre de la Justice,  l’homme de droit, saisi du dossier, le revers de la médaille au gouverneur ne saura tarder. C’est à suivre.

 

 

 

 

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