Lors du transfèrement des détenus de la maison d’arrêt d’Amsinéné à la tristement célèbre prison de Koro-Toro, une attaque spectaculaire s’est produite sur le véhicule sur l’axe N’Djamena-Massaguet. Bilan : 10 morts dont un gendarme et deux blessés graves. Que ce cacherait derrière ce film désolant ?

Djasrabé Ndingamndôh

N’Djamena vit dans  la jungle urbaine malheureusement orchestrée par des proches du pouvoir se croyant « supers Tchadiens ».  Dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, sur l’axe N’Djamena-Massaguet, un convoi de détenus en état de transfèrement de la maison d’arrêt de d’Amsinéné à celle de Koro-Toro, a été fâcheusement attaqué par les assaillants, qui s’est soldé par un bilan provisoire de 10 morts dont un gendarme qui accompagnait la fourgonnette et deux blessés graves qui suivent actuellement des soins intensifs à l’Hôpital général de référence nationale (Hgrn).  Les commanditaires et complices de ce crime crapuleux seraient des hauts gradés de la Dgssie et certains proches du général Adam Touba assassiné il y a peu. Des informations persistantes, ce sont quelques chefs en service à la maison d’arrêt  de N’Djamena qui auraient sifflé aux parents  du général assassiné, le transfert des victimes lâchement tuées. Les neufs prisonniers tués ont été habillés en tenue militaire, ce qui a permis aux commanditaires de les identifier  facilement. Animer par le goût de la vengeance, les bourreaux placeraient deux véhicules bien armés dont l’un à l’entrée de Massaguet et l’autre à N’Djamena pour suivre l’itinéraire du convoi. Le premier véhicule, débordés par des hommes armés pour commettre le forfait et  placé à la sortie de N’Djamena avait accompagné le convoi depuis N’Djamena jusqu’à l’entrée de Massaguet. L’autre véhicule en attente du convoi des détenus à Massaguet, une fois apercevoir la fourgonnette sortirait pour barricader la circulation. Et l’irréparable désastre s’est produit. Aussi que l’on apprend lors de ce massacre, les bourreaux n’ont pointé seulement leurs fusils sur les 9 prisonniers habillés en tenue militaire.  L’un des héros gendarmes qui a vainement tenté de résister sera ensuite lâché. Après avoir réussi leur forfait, les malfrats se sont évadés dans la nature. Les autorités judiciaires, informées de la situation s’étaient rendues illico presto sur le lieu du drame pour constater le dégât. D’après Louampambé Mahouli Bruno, Procureur général, dans un Etat de droit, un tel acte ne saurait rester impuni. C’est ainsi qu’il a instruit le parquet d’instance de N’Djamena pour l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de retrouver certains détenus  dispersés dans la nature ainsi que les assaillants. Le lendemain de l’acte, quatre assaillants ont été retrouvés et présentés en comparution immédiate. Mais la cour s’est dessaisie du dossier au regard de la gravité de l’acte et renvoie l’affaire à la cour criminelle.Lors de la comparution, l’un des accusés a reconnu les faits à lui reproché et affirme avoir vengé son grand frère général tué par un colonel et ses éléments parmi les victimes. Situation qui a poussé certains partis politiques et associations de défense des droits de l’homme à briser le silence et dénoncer cette machination de l’armée nationale et de l’appareil judiciaire. Pour le secrétaire général de l’Alliance des défenseurs des droits humains et de l’environnement au Tchad (ADHET), lors de sa déclaration liminaire tenue à Inades Formation le 13 avril 2017, les faits qui font amplifier les inquiétudes liées à ce climat d’insécurité de plus en plus lourd ici à N’Djamena et à l’intérieur du pays dont les paisibles citoyens en font les frais quotidiennement d’un côté et de l’autre à l’ampleur des menaces et attaques sur l’environnement quant aux violations les plus abjects des droits de l’homme ne peuvent rester impunis. « Il s’agit des détenus ou des prisonniers dont les noms, les dates et les motifs de leurs arrestations figurent dans les écrous et le ministre de la Justice doit faire toute la lumière sur ce drame froid qui pose la question de la sécurisation des détenus dans les lieux de détentions. Ici à N’Djamena comme à l’intérieur du pays, les domiciles sont visités, des personnes enlevées ou tuées, des menaces de mort sont quotidiennes, des personnes jetées dans la rue, des braquages sont opérés et des biens arrachés. Ce sont là, quelques échantillons des sombres tableaux de ces derniers jours en ce qui concerne l’insécurité et les cas des violations graves des droits humains», s’insurge-t-il. Pour l’union nationale pour le développement et le renouveau (Undr) ainsi que le Parti pour les libertés et la démocratie (Pld), le Tchad s’enfonce de jour en jour dans la désolation et dans l’horreur la plus indescriptible qui puisse exister, sous la direction d’un régime inapte et aux abois. Ces deux formations politiques estiment que ce sont des atteintes graves aux libertés et aux droits de l’homme.  De ce fait, elles exigent en plus de l’arrestation et du jugement objectif de tous les auteurs directs commanditaires et complices de ce massacre, une enquête indépendante et approfondie devant mettre en lumière la défaillance et les responsabilités de l’Etat tchadien dans cette sombre affaire qui confirme l’état de jungle dans lequel le pays se trouve.

 

Décidemment, il faut restaurer l’armée tchadienne pour que l’Etat de droit retrouve son élan sinon c’est inutile d’envoyer les tchadiens en prison pour ensuite être exécutés par ceux qui sont jugés être leurs protecteurs. 

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