Gestion du conflit dans le sultanat de Yao

Une plainte divise Padaré et le sultan de Yao

L’affaire d’Atia-Ardebé traitée dans le précédent numéro de votre hebdomadaire continue de bouleverser l’administration et rend fragile les relations entre l’administration et le sultanat. Le climat ne va pas bien entre le gouverneur de la région du Batha, Me Jean Bernard Padaré et le sultan de Yao, sa majesté Choroma Hassan Absakine. A l’origine, la plainte du sultan contre Abakar Ramadane et consorts

Oscar Djinan

Suite à la plainte du sultan contre Abakar Ramadane et consorts, pour incitation à la haine, à la violence et à la désobéissance civile, le  gouverneur de la région du Batha, Me Jean Bernard Padaré déconseille le sultan d’aller en procès. Mais, ce message semble passer dans l’oreille d’un sourd et la fin de la tractation n’est pas pour demain. En effet, plus le sultan reste sur sa position, plus le gouverneur durcit son ton. Ce qui conduit vers un nouveau rebondissement de l’affaire Atia-Ardébé considérée comme close avec la conciliation des parties. Rien n’est à cirer, car la plainte du sultan contre ceux qui sont taxés comme des incitateurs, perturbe le sommeil à l’administration de la région. Le gouverneur et le sultan n’émettent pas sur la même longueur d’onde. Chacun tire le drap de son coté, et les points de vue se diffèrent de plus en plus. Selon le sultan, sa majesté Choroma Hassan Absakine, le gouverneur lui demande de retirer sa plainte, mais il n’est pas prêt à le faire.  « Suite à cette plainte, j’ai eu tant de problèmes. Le gouverneur et le préfet s’acharnent contre moi. Je me demande en quoi ça les gêne. Je peux interpréter l’appel du gouverneur comme une intimidation de retirer ma plainte. Mais en tout cas je suis décidé  et déterminé à suivre la plainte. L’autorité n’a pas vraiment assumé la responsabilité, c’est ce qui m’a poussé à me tourner vers la justice », informe sa majesté, joint au téléphone.

Selon le gouverneur, Me Jean Bernard Padaré,  le  sultan est au-dessus de la mêlée, et pour l’aider à ne pas étaler ses niaiseries au grand dam de sa population, il demande à sa Majesté Choroma de se discipliner un peu : « Quand vous partez en procès, vous serez à la barre et cela donnerait quelle image. Un sultan qui poursuit ses sujets ? » s’interroge-t-il. Pour le sultan, les propos du gouverneur sont assimilables à une menace et un abus du pouvoir, et il déplore ce que fait l’administration. « J’avais trop attendu, j’avais trop respecté ma hiérarchie, l’administration en tant qu’institution n’a pas un problème, mais ce sont des hommes que les hautes autorités ont fait confiance  qui nous posent souvent des soucis. J’ai fait déjà ma déposition à la brigade de recherche », avoue-t-il. Selon les sources judiciaires, le procès verbal des dépositions n’est pas encore retourné au parquet d’instance. Pourtant, la loi autorise le procureur de déclencher l’action publique ou pas. Donc il est à attendre, pour la suite à donner par le procureur avant de s’invectiver.

Le gouverneur en sa qualité d’avocat, analyse autrement  cette plainte. « Il ne peut pas déposer une plainte contre les gens qui sont depuis N’Djamena. Ceux qui ont causé l’incendie sont au village, même s’il détient des preuves que ceux-ci ont poussé le village à commettre ce forfait. Il ne doit pas se rabaisser à ces gens. Il serait le grand perdant » a-t-il soutenu. Il poursuit que «  je lui ai donné des conseils pratiques, s’il faut faire les choses autrement. J’ai fait une fiche à la hiérarchie pour dénoncer que, des gens qui ne sont pas encore des chefs de canton, qui sont encore des candidats se comportent comme des chefs de canton. La fiche est partie, avant que je sois informé de la plainte que le sultan a déposé », argumente-t-il. Ce n’est pas tout, le fils de Léré a proposé une issue de sortie propice « j’ai demandé qu’il y ait une réunion de tous les fils de Fitri à Yao autour du sultan pour que tous soit réglé », propose Jean Bernard Padaré. C’est une affaire à suivre.

 

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