Bavure des forces de l’ordre

Le ministre de la Justice secoue le cocotier

A la faveur de sa communication le mercredi 8 mars dernier à l’attention des forces de l’ordre, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, M. Ahmat Mahamat Hassane n’a pas été tendre quant à la constatation des dérives dont font montre ces hommes en treillis.

Armel Allarambaye

Depuis des lustres, notre pays est imbibé dans une bavure des forces de l’ordre à tel point où il règne un climat de méfiance entre eux et la population. L’on parle des cas d’arnaque, des condamnations arbitraires, des détentions ne respectant pas la déontologie de la profession, des règlements de comptes, bref tout ce qui illustre le non droit. La situation étant pathétique tant le cou risque de se tordre car le torticolis a dépassé l’entendement, le chef de bataille de la justice sort de son mutisme. Le mercredi 8 mars dernier alors que nos femmes célébraient leur journée, Ahmat Mahamat Hassane inflige une douche très froide aux commandants de brigade, commissaires et autres policiers. Il était question de l’application, dans toute sa splendeur, du droit et rien que le droit dans la résolution des litiges. « Vous contribuez à la cohésion sociale. Mais au-delà de cette marque vous vous permettez d’ordonner des arrestations les weekends en violation de la loi. Ça doit s’arrêter », insiste le ministre.

Dans cette société tchadienne, même les journées non ouvrables, la police peut vous administrer une convocation pour audition. Etant entendu que c’est un coup bas bien orchestré, l’on vous gardera dans la cellule jusqu’au début de la semaine suivante. « Il suffit juste que le plaignant banque le commandant de brigade ou commissaire et c’est tout. On vous arrête même le weekend », renseigne une victime. Et bien évidemment à ce sujet qu’il faut redresser la barre au regard de la gravité de la situation. La police et la gendarmerie sont infectées et sérieusement affectées. Il se raconte au sein de la communauté que nos commissariats et postes de polices sont politisés. Les forces de l’ordre sont téléguidées et agissent parfois sur interférence de certaines « Sauves souris » politiques ou tribales pour assener des amendes exorbitantes aux mis en cause. Et là sans compter le délai de garde-à-vue qui est violemment bafoué. Ahmat Mahamat Hassane n’en veut plus. « Il y a des interférence politiques, tribales pour rendre justice. Il faut arrêter avec ces pratiques. Et je m’assume au respect des règles », fait-il savoir.

Au regard de cette communication du 8 mars dernier pendant laquelle Ahmat Mahamat Hassane n’a pas été tendre quant à la constatation des dérives dont font montre ces hommes en treillis, il est clair que son engagement pour secouer le cocotier est là. Mais, parviendra-t-il ?  L’acte étant bon en lui, sauf que sa matérialisation laisse planer l’énigme dans la tête de nos concitoyens. Dans ce pays, on n’arrive pas commissaire parce qu’on a suivi le parcours normal. L’on remarque pompeusement que dans les commissariats et brigades, il y a des responsables qui sont parents aux caciques de ce régime et placés pour assouvir leurs besoins. Certains ne connaissent en rien le droit et font à leur tête. C’est à cet instant qu’on se demande est-ce le ministre de la Justice, garde des sceaux aura-t-il l’audace de demander leur démission au cas où  les mêmes dérives et bavures seront constatées ? Tellement la situation s’empire, il sera responsable de joindre l’acte à la parole. Vivement !

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