Pahimi Padacket Albert{jcomments on}

Le coq ne veut pas être grillé

A moins de quarante cinq jours de l’investiture du président réélu Idriss Déby Itno, la course au poste de responsabilité est ouverte. Ceux qui sont dehors veulent faire leur entrée, pendant que ceux qui sont dedans font tout pour y rester. Le Premier ministre Pahimi Padacket Albert n’est pas du reste. Voici comment il combat tous ceux qui se positionnent pour le remplacer.

Murrow Issa Changengar

Si sous d’autres cieux, le poste ministériel est une responsabilité respectable et respectée, où n’accèdent que des personnes ayant un background bien enrichi, au Tchad ce n’est pas le cas. Ceux qui parviennent à ce poste ne sont pas forcement les mieux formés ou les plus expérimentés.  Et une fois arrivé là, ils sont prêts à tout pour conserver leur poste. Ainsi, maraboutage, prière au Dieu vivant, coup bas, marchandage, bref, tout ce qui peut éloigner d’eux la succession, est permis.

Ainsi, presque tous les Premiers ministres qui se sont succédés au Tchad, n’ont jamais cessé de faire appel aux fétiches d’ici ou d’ailleurs, pour se maintenir au poste aussi longtemps que possible.  Dès la nomination,  bœufs, dromadaires, moutons sont sacrifiés aux dieux pour qu’ils éloignent d’eux le successeur. Il n’y a pas longtemps, un Premier ministre fraichement nommé, avait refusé d’habiter la résidence parce que son prédécesseur aurait envoûté la maison. Et pour la désenvoûter ce dernier, a fait appel au grand féticheur de son village qui est venu faire des incantations au plus fort prix doublée de la prière de sanctification des serviteurs de Dieu avant que le sieur ne puisse s’installer. Mais, après il n’a pas fait plus d’un an à son poste. Pahimi Padacket Albert n’est pas du reste.  Les mêmes faits produiront-ils les mêmes effets ? En tout, rien n’est moins sûr.

A quelques jours de l’investiture du Président de la République à la magistrature suprême, l’homme est dans toutes les consultations pour être reconduit à son poste au lendemain du 8 août 2016. Vu le résultat non satisfaisant de Déby dans le Mayo Kebbi où Padacket Albert a explicitement battu campagne en faveur de l’opposition, il serait sur la mauvaise piste en ce moment malgré qu’il soit désigné président du comité d’organisation de la cérémonie d’investiture d’Idriss Déby Itno. Selon certaines indiscrétions, Déby serait en train de chercher un nouveau Premier ministre parmi ses anciens compagnons et cadres sudistes. C’est ainsi qu’ayant vent de l’information le promoteur du coq blanc Pahimi Padacket Abert utilise tous les moyens pour dérouter Déby de ce projet. Des féticheurs de tous les horizons accourent à son domicile de Gassi pour lui faire boire les potions magiques et lui laver le corps chaque jour. Ceci pour l’immuniser contre le changement à venir.  Son entourage dit être témoin des scènes bizarres parfois la nuit derrière le lycée de Gassi où il habite. Le coq ne veut pas être grillé.  

Guerre contre les cadres sudistes

D’un autre coté, il utilise une certaine presse acquise à sa cause pour tirer à boulets rouges sur tous les cadres sudistes, susceptibles de le remplacer à ce poste. Tel Premier ? Tel autre à la Primature ? Tout ceci pour retarder le choix du nouveau Premier ministre.  C’est une stratégie utilisée par son co-regionnaire Kalzeubé Payimi Deubet et qui a marché un temps. Dès lors, ses cibles sont les cadres du Logone géographique et du Moyen Chari, à qui Déby pourrait faire confiance malgré le mauvais score obtenu à la présidentielle du 10 avril dernier. Puisqu’il écarte l’idée que le chef de l’Etat ne puisse tirer trois fois consécutives, dans le Mayo Kebbi. Ainsi donc, Gilbert Maoudonodji, Laoukein Kourayo Médard, Adrien Beyom, Bedoumra Kordjé, Nadjita Béassoumal, Nobo Njibo, pour ne citer que ceux-ci qui ont de l’aura dans leur région, font l’objet des critiques de Pahimi qui pense que son successeur ne viendra que de ce milieu-là. Dès lors, Pahimi s’agenouille pour demander que cette coupe lui soit écartée pour lui permettre de tirer profit de son jeu politique de 2011. En effet, à la présidentielle de 2011, pendant que l’opposition boycottait, Pahimi Padacket Albert et Nadji Madou avaient  trahi les autres, pour accompagner Déby dans une élection sans enjeu. Dès lors, l’homme attendait la concrétisation de la promesse à lui faite par Déby :  « Nous allons profiter ensemble ».

 

Et depuis sa nomination, lui aussi cherche à faire profiter ses militants. Il suffit de scruter les derniers décrets et arrêtés de nomination pour s’en rendre compte que le RNDT Le Réveil supplante le MPS dans tous les services. Nous y reviendrons au prochain numéro. 

Fonction publique{jcomments on}

Annoncé pour trois ans au début de l’année 2016, le gel de l’intégration à la Fonction publique a fait du tollé obligeant le gouvernement à revenir sur sa décision promettant d’intégrer cinq mille jeunes diplômés sans-emplois  par remplacement numérique. Mais, le clientélisme impose son veto.

Diplômés sans emplois, à quand la fin des malheurs?

Par Djasrabé Ndingamndôh

«Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années», tel un adage qui dit tout au sujet des personnes rompues de chance mais pas la plus hasardeuse. Bien évidement. Connaissant les  longues années d’études sinon des études manquées de conditions descentes que nos jeunes compatriotes se peinent à tout prix pour sortir nantis des diplômes afin de se faire une place au soleil. Plus, se frayer une porte pour un avenir radieux, peut-être. S’intégrer dans la vie active est un aléa pour qui  ne tire pas ses origines au clan de très redoutables affairistes du pouvoir. En tout cas pas au pays de Toumaï. Et c’est le malheur de ces jeunes qui, après les études espèrent booster le nombre du personnel civil de l’Etat en déposant leurs dossiers pour l’intégration à la Fonction publique. C’est la logique pour ne pas déroger à la règle.

Et comme l’exception ne confirme pas toujours la règle, si la nouvelle d’un arrêté d’intégration il y a, les agents de la Direction des ressources humaines (Drh), en font de çà, leur affaire. Allez-y comprendre quelque chose. Pour voir son nom figurer sur la liste, il faut débourser une somme qui oscille entre 300 à 500.000Fcfa. « J’ai déposé mes dossiers pour l’intégration à la Fonction publique il y a six ans, et comme rien ne se fait, un parent qui travaille à la Drh m’a proposé de lui mouiller les barbes si je veux être  intégré. Chose faite moyennant une somme de 350.000Fcfa. Mais, même sur le dernier arrêté (ndlr : arrêté du 26 mai 2016) mon nom n’y figure pas. Toutefois je ne perds pas l’espoir »,  nous siffle une indiscrétion. D’ailleurs, il est un secret de polichinelle. Et le cas des demandeurs d’emplois qui n’ont pas de moyens pour marchander leur intégration ? Ils feront bon ménage avec la vie de débauche. Pis à leur sort. Il n’y a pas longtemps,  la Fonction publique  intégrait les fonctionnaires Tchadiens  par promotion d’étude. Ce qui était peu apprécié par les demandeurs d’emplois. Bilinguisme oblige, l’arrêté d’intégration de 69 lauréats en remplacement numérique du 5 mai 2016 pour le compte du ministère de l’Education nationale, le signe. C’est à se demander si réellement ces soixante-neuf nouveaux agents instituteurs arabophones remplacent les soixante-neuf autres instituteurs arabophones admis en retraite ?  Pas du tout. Mieux, il serait préférable de revenir sur la proposition de l’ex Premier ministre, Emmanuel Nadingar, qui consisterait à organiser un concours de recrutement à l’attention des nouveaux fonctionnaires. « J’estime que la proposition de l’ex premier ministre Emmanuel Nadingar est nettement mieux puisque le concours de recrutement à la Fonction publique  comme le font les institutions privées est un test de recrutement qui permettra de savoir si réellement la personne a fait des études, moins encore éviter le faux. Surtout pour nous qui n’avons pas de moyens pour négocier notre intégration. Vu que les emplois se raréfient aussi dans le privé proposant un salaire de sentinelle aux jeunes employés », soutiendra Babon Tchockréo, diplômé en instance d’intégration.

 

En ce qui concerne les contrats, il faut avoir des liens de parenté d’avec ceux qui sont chargés de recruter pour en être informé. Alors que nous abordons le 2ème semestre de l’année où moins de 300 jeunes sont intégrés, le gouvernement parviendra-t-il à traduire dans les faits sa promesse d’intégrer 5000 jeunes comme prévu en 2016 ? Si  cela n’est pas le cas, quel sera alors le palliatif ? En tout cas, cela est dit simplement pour calmer les esprits qui étaient surchauffés. 

Gestion des communes de N’Djaména

Entre confusion et entrechoque

Le mandat des maires des communes d’après les textes régissant les collectivités territoriales décentralisées est de 6 ans. Et que chaque 3 ans l’exécutif doit être remodelé. A N’Djaména, le respect du principe relève de la magie.

Armel Allarambaye

Le Tchad voudrait se doter d’un système de développement avec implication de la population de la base. Et c’est à la faveur de ce sacrosaint principe que la décentralisation avec son corollaire des élections communales a été instaurée. Fort de cette dynamique, l’on a vu les élus locaux depuis 2012 dans plus de 40 localités sur l’étendue du territoire national. Au regard des lois et règlements sur la décentralisation, le mandat des exécutifs des communes est de 6 ans et que chaque 3 ans, ces organes dirigeants doivent être remaniés. Dans le constat, les communes des provinces se sont comportées comme des bons applicateurs de la loi. La grande maison qu’est la ville de N’Djaména jouissant d’un statut particulier avec ses 10 communes d’arrondissements et  la commune centrale a tapé net à côté de la cage. Et là, sans qu’aucune raison ne soit avancée. Il vous souviendra qu’en 2015, Mahamat Zène Bada, l’émissaire du Mouvement Patriotique du salut a effectué des tournées dans les communes des provinces pour faire un nettoyage, qualifié dans certains recoins comme un camouflé sans respect des principes. L’on s’attendait de voir les maires de  N’Djaména subir le même sort. Loin sans faux ! Que se passe-t-il ? Les communes d’arrondissements de la ville de N’Djaména et la commune centrale sont des groupes mamelles où ce n’est pas qui veut qui y accède mais qui peut. Ce, avec un gabarit pointu sinon jouant dans la catégorie des poids lourds et appartenant aux lobbies des grabataires.  Parce que là, l’on se sucre à jamais. Des coups bas par-ci, des peaux de bananes par-là, mais l’on peut rester pourvu que les dignitaires du Mouvement patriotique du salut soient tes bras séculiers. Dans cette pratique qui aujourd’hui n’est pas un sacerdoce mais qui répond à la théorie du « je suis soutenu, j’y reste », les retombées ne sont guère les attentes de la population qui a eu l’insigne courage de prendre un bulletin de vote et l’a foutu dans l’urne après maintes réflexions.

Confusion de rôles et mauvaise gestion

 D’après les textes régissant les collectivités territoriales décentralisées et surtout celui du statut particulier de la ville de N’Djaména, les exécutifs des communes sont indépendants. L’article 22 de la loi 009 du 15 juillet 2005 portant statut particulier de la ville de N’Djaména stipule que : « Pour l’exécution des compétences dévolues à la commune d’arrondissement, les maires d’arrondissements entretiennent des rapports de collaborations et non de pouvoir hiérarchique avec le maire de la ville ». Là, convient de relever qu’au niveau des communes, l’on retrouve le délégué général du gouvernement auprès de la commune de N’Djaména et les administrateurs délégués auprès des communes. Le comble est que le maire central apparaît omniprésent. C’est lui qui se permet le luxe d’aller se rendre compte du curage des caniveaux. Il n’est pas néanmoins interdit mais quand c’est exagéré cela devient chiant. Etant donné, que certaines prérogatives sont dévolues aux maires des communes d’arrondissements. Ceux des arrondissements se retrouvent cloitrer dans les bureaux. Ce qui irrite aussi le plus, c’est que l’exécution des marchés ressemble à tout, sauf rien. En dépit du non renouvèlement des exécutifs. Le marché de curage des caniveaux dans la commune du 6ème arrondissement a été très mal exécuté et le maire rabroué par les siens. Dans le 7ème, Tao Job et ses acolytes se plaisent à ne pas encourager les initiatives de leurs administrés quant au nivelage des rues. Le bornage illégal des terrains est aussi à mettre à l’actif de ses maires des communes d’arrondissements. Des maires filous et toujours grabataires, pour le moins qu’on puisse dire ne sautent que sur les 1ères occasions de butins. Il vous souviendra qu’il y a plus de 2 ans, lorsque le versement de la subvention de l’Etat accordée aux communes retardait, ils n’ont pas hésité à frapper sur les casseroles pour alerter l’opinion. L’argent c’est bon mais sa bonne gestion vaut plus que tout.

 

Caisse nationale des retraités Tchadiens{jcomments on}

Les souffrances des retraités civils et militaires  ne font que s’empirer. Obtenir le livret, percevoir son coupon sont des véritables casse–têtes chinois avec la situation financière critique de notre pays suite à la chute du baril de pétrole. Le degré de calvaire des ayants droits qui se bousculent pour les pensions est pitoyable.

Les retraités Tchadiens tirent le diable par la queue

Par Oscar Djinan

Il y a un temps pour toutes choses sous les cieux. Un temps de jeunesse un temps de vieillesse, un temps de travail et un temps de retraite. C’est ainsi qu’après avoir donné toute leur force pour servir  l’Etat et donné le meilleur de soi-même pour le rayonnement du pays, certains fonctionnaires sont admis à la retraite.  Travailler jusqu’à être admis à la retraite est une bénédiction dit-on. Cependant, la vie de retraite n’est guère reluisante au Tchad. Pourtant la loi 017/PR/01 portant statut général de la Fonction publique dans son article 127 alinéa 6 dispose que : « Le fonctionnaire admis à la retraite a droit à des primes ainsi qu’à des prestations  socio-sanitaires ». Or, l’on constate avec amertume que l’admission à la retraite est une descente aux enfers pour les fonctionnaires. Les retraités  sont les plus malheureux. Avoir sa pension et ses primes de départ est semblable au passage dans un centre d’initiation. Seuls les courageux tiennent, bon nombre sont décédés soit suite à la tension, soit de crise cardiaque.Les plaintes des retraités abondent, mais rien ne semble calmer la tempête. Si de l’autre coté à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) les dispositions sont prises pour payer les pensions en 72h, à la Caisse nationale des retraités du Tchad (Cnrt) c’est tout un calvaire. Les retraités perçoivent leurs pensions par trimestre. Mais compte tenu de la crise de la trésorerie, ils pleurnichent car, les dossiers trainent faute de liquidité. C’est au deuxième trimestre que le 1er coupon tombe. Alors qu’en temps normal il doit être effectué entre janvier et mars. Finalement, c’est en fin mars que les opérations sont déclenchées. Mais, là encore, l’espoir n’est pas permis.

Cette lenteur s’explique par la crise économique qui secoue le pays suite à la chute du prix des barils de pétrole. La Cnrt dépend du trésor public. Pour Mme Zenaba Saleh Malo, chef de service de recouvrement à la Direction nationale de la Cnrt, cette situation que vivent les retraités est indépendante de leur  volonté. « C’est une situation difficile qu’on gère. Il faut comprendre que c’est les actifs qui cotisent pour les retraités. Malgré cela, il y a des gens qui refusent de cotiser. Pourtant, la cotisation est faite sur la base des indices et c’est le 5% du salaire qui est retenu. C’est un problème général pas seulement les retraités. Nous comprenons leurs peines, mais nous sommes limités. Travailler avec les personnes âgées n’est pas une tâche facile», explique Mme Zenaba Saleh Malo.  Des explications balayées du revers de la main par les pensionnés. « C’est depuis janvier qu’on marche, les gens ne comprennent pas nos souffrances. Ils font sciemment pour nous retarder et faire leur magouille. C’est  la misère à la Cnrt», s’indigne François, un  retraité civil. Pour  Sou Bendouman Nguesso retraité militaire, ils ne comprennent pas exactement, ce que l’Etat veut faire. « On nous dit qu’il n’y a pas l’argent, mais où vont les recettes du pays. C’est lamentable pour un retraité qui a un maigre coupon tous les trois mois d’avoir un arriéré. A quand la fin de nos souffrance ?», s’exclame-t-il.  En ce qui concerne le cas des nouveaux carnets, pour obtenir le livret c’est la traversée du désert. Melom Esther, veuve de son état clame que : «  La Caisse nationale de retraite du Tchad(Cnrt) se moque de nos malheurs. Pour moi, c’est depuis  plus de six mois qu’on me dit que mon dossier est au circuit. Le traitement de dossier est lourd et chaque jour, il faut  que tu viennes te renseigner», s’insurge la veuve. Entretemps, du coté de l’Office des anciens combattants et victimes des guerres c’est le chemin de croix. Les retraités de 2011 et 2012 n’ont pas encore fini d’avoir leur mesure d’accompagnement.Certains ont fini par succomber. La vie de retraité devient un cauchemar pour les actifs. Vu les tracasseries et les souffrances pour arriver à obtenir son droit.

Activité de clando à N’Djaména{jcomments on}

Une solution au chômage...

Comme de la peste, le chômage secoue la jeunesse Tchadienne. Et pour ne pas se résigner, les jeunes se lancent dans l’auto-emploi.  Certains trouvent leurs comptes dans le transport interurbain. Notamment,  les mototaxis  ou« clando ». Et çà paye mieux à N’Djaména. Malgré les risques.

Par Oscar Djinan

Nombre de jeunes qui ont usé leurs fesses sur les  bancs de l’école pensant devenir des bureaucrates ou des hauts fonctionnaires se trouvent aujourd’hui dos au  mur faute de la politique d’emploi à la jeunesse. Ces  jeunes regagnent le cercle des chômeurs, lassés par la recherche d’emplois d’année en année. Pour faire face à l’absurdité de la vie, certains n’ont pas le choix que de prendre leur destin en main pour éviter d’être oisif et éternel dépendant des parents. C’est alors que ces cadres formés à des millions de nos francs pullulent les carrefours assis chacun sur une moto pour se battre au quotidien en espérant que demain sera meilleur. Parmi ces jeunes qui pratiquent cette activité de clando il y a des titulaires de DEA (Diplômes d’études approfondies), des bacheliers en passant par les militaires et élèves tous, à la conquête de leur survie. Ils sont facilement identifiables par rapport à leur  stationnement. Toujours en groupe installé sous un grand arbre ou en plein soleil comme l’on les nomme des « panneaux solaires ».  Ils ne cessent de faire des signes aux clients en levant le petit doigt.

Cette activité n’est pas réglementée dans la ville de N’Djamena depuis la suspension des activités de leur association par le ministre de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bâchir. Motif un « clandoman » aurait transporté une bombe sur lui. Depuis 2013 cette activité se pratique de manière clandestine, avec tous les risques. Pourtant ce secteur d’activité devrait être réglementé afin de professionnaliser comme le cas de certains pays africains à faible économie qui ont fait de cette activité un secteur porteur pour les jeunes.

5000 à 7000Fcfa par jour

La majorité des motos utilisées pour le clando à N’Djamena sont de marque Qlink, Honda savate, Kirikou,  Boko-Haram (Haojoue bombé) et Haojoue dame. Le client cherche la moto de son goût et le prix est toujours discutable d’un point à un autre selon la distance à parcourir. Pour Loubatara Jonathan titulaire d’une licence en Histoire cette activité lui permet de se prendre en charge et s’occuper de sa pauvre mère qui s’est sacrifiée pour ses études, en attendant ce que Dieu fera pour lui «  Il y a de fois ou je rentre avec un sept mille ou huit mille c’est mieux que la vacation dans des établissements » lance-t-il d’un air satisfaisant. Selon Allaramadji Djikoloum, titulaire d’une maîtrise en droit, cette activité est trop risquée pour sa vie. Mais, il  n’a pas le choix « J’ai postulé dans plusieurs cabinets pour les stages mais en vain. Je suis sur tous les fronts à la quête du travail mais toujours c’est de l’échec. Donc je m’accroche à cette activité pour me prendre en charge». Même son de cloche du côté de Nabia Jean-Paul titulaire de CFEN (Certificat de fin de formation des écoles normales) depuis 2010.  « Je me suis lancé dans le clando pour subvenir à mes besoins. A force d’être ponctuel, j’ai des clients qui me prennent pour leur course et je gagne facilement dix à quinze milles. En plus de cela on fait des tontines avec les amis. Donc cette activité est devenue pour moi, une entreprise personnelle» s’exclame-t-il.  De l’avis de Morimbaye Marius étudiant de son état, «  On pense toujours que c’est l’activité des délinquants. Certes, il y a des ratés qui prennent des tramadols, des drogues et ne respectent pas les clients. Mais nous ne sommes pas tous des délinquants».

 

Bien que le clando paye mieux à N’Djaména, selon les endroits, les risques pour cette activité sont énormes. Accidents, braquage, maladie, guettent au quotidien les clandomans. Etant donné qu’ils l’exercent dans la clandestinité, le gouvernement est interpellé à revoir sa décision, professionnaliser cette activité qui peut résorber un tant soit peu le chômage grandissant dans notre pays. Estimé à de milliers motos, cette activité pourrait être une source de devise pour le Trésor public en ces temps de vaches maigres si elle est règlementée. 

FORUM AGRO-ALIMENTAIRE TCHADO-HOLLANDAIS

Forum agro-alimentaire Tchado-Hollandais{jcomments on}

TONY, le serial signataire des conventions sans suite

L’insolite du forum agro-alimentaire tchado-hollandais qui s’est tenu du 6 au 7 juin 2016 aura été un échappé de la prison d’Amsinené, le prince Ngarbaroum Tony Ngartola,  qu’on a retrouvé, dans le rôle qu’il connait le mieux : plastronner devant les micros et les cameras des radios et télévisions tchadiennes.

Murrow Issa Changengar

Dans le show qu’il déroule, les chiffres vertigineux, ce sont des millions et des milliards, d’investissement qui bousculent les énormes capacités de production des installations qui devraient permettre à l’agro-alimentaire tchadien de faire le grand bond en avant.

En ces temps de grande disette financière pour cause d’effondrement du cours du prix du baril du pétrole sur le marché international qui impose au pays de Toumaï une récession générale quel esprit mal-pensant ne se fendrait pas des forts applaudissements d’une telle prouesse ? Malheureusement nos enthousiasmes devront être fortement tempérés. Et pour cause ? Avant cette annonce du 7 juin dans les couloirs lambrissés de l’Hôtel Hilton de N’Djamena, Tony en a bien fait d’autres qui n’ont guère été suivies des réalisations concrètes pour la cause du développement rural. En la matière il n y a point besoin d’exhaustivité pour démontrer la vacuité des déclarations du triste Sire.

La rétractation de Djibergui Amine Rosine

En avril 2014 les engagements qu’il prend avec les départements ministériels de l’Agriculture et de l’Elevage alors dirigés par Djibergui Amane Rosine et Issa Ali Taher pour rendre effectifs, dans un délai n’excédant pas 6 mois le financement des différentes cultures (riz, blé, etc) dans les régions de la Tandjilé, du Chari-Baguirmi et du Lac, les abattoirs d’Am-Djaress, Doba et Sarh. Les deux ministres étaient alors emballés mais lorsqu’à nouveau, le 5 juin 2015, soit un peu plus d’un an plus tard,  lorsque Tony se présente avec Charles Kader Gooré, un flamboyant homme d’affaires qui a prospéré dans l’entourage de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, pour lui proposer la signature d’une autre convention, une de plus ( !) pour le financement des abattoirs de Doba et la riziculture dans sa Tandjilé natale, la juriste Djibergui Amane Rosine devient plus circonspecte et fait le Saint-Thomas.  D’où cette question lapidaire qu’elle pose alors à l’investisseur que Tony lui présente: «Dites moi quand le projet commencera ? ». Réponse de Charles Kader Gooré : « Vous pouvez considérer que le projet a déjà commencé avec notre séjour actuel ». A cette date, il n y a pas le premier franc Cfa versé dans le cadre des financements annoncés. Et pour se justifier c’est Djibergui Amane Rosine que Tony cloue au poteau. Comme justification,  pour n’avoir pas signé la convention qui lui avait été proposée. On a bien peur que dans la suite de la notaire, ce sera demain l’économiste Manasset Nguéalbaye, le Directeur Général de l’ANIE,  dont Tony dit attendre la signature de la convention d’établissement qui devra débloquer les investissements annoncés à la clôture du forum agro-alimentaire du 6 au 7 juin 2016, comme ceux de 20 milliards dont la signature a eu lieu sous son auspice le 21 mars, qui sera le prochain sur la liste des suppliciés des extravagances du vétérinaire,  qui s’improvise sur le tard en financier international et en expert en montage des projets de développement rural.

Violation du secret de l’instruction

Mais le plus à plaindre dans cette histoire, c’est le Procureur qui se mordra les doigts d’avoir autorisé la liberté provisoire à Tony, alors que le Président, en titre de la Coopérative Djatembi-Altakhadoum, Djimadoum Kaindeur et un de ses collaborateurs poursuivaient en discontinu leur détention dans le bagne d’Amsinéné. En effet, non content de donner les leçons de morale et d’efficacité à ses pairs de l’administration publique, de taxer les services de la Présidence de position mal avisée, de ranger sans le nommer,  votre journal LE VISIONNAIRE dans la catégorie des mercenaires pour avoir dénoncé ses turpitudes, dans les colonnes de notre confrère l’Observateur dont on appréciera cette confraternité singulière,  le prévenu d’Amsinéné s’autorise la publicité de l’instruction judiciaire, toujours en cours, l’inculpant comme auteur principal dans les détournements opérés sur la subvention accordée par le CPGRP de Doba à la Coopérative Djatembi/Al-Takhadoum.

Le dénouement de cette affaire dont le déclenchement a suivi les fortes annonces faites par IDI  sur la répression des détournements publics à l’occasion de la célébration du 25ème anniversaire de la fête de la liberté et de la démocratie en décembre à Am-Timan et précédé celle plus récente de Goz-Beida, lors du lancement de la campagne agricole 2015/2016 aura valeur d’exemple dans leur mise en œuvre et pour la toute nouvelle Inspection Générale d’Etat, aux yeux de l’opinion,  valeur de test et de crédibilité de ses capacités réelles à réduire le niveau de corruption au Tchad.

De la lumière sur les coûteuses études

Sur cette affaire, au contraire  des effusions verbales contenues dans sa malencontreuse sortie dans la parution n° 832 de l’Observateur, nos investigations démontrent que l’absence des suites données à la mission Cobra en 2012, par rapport à ses coûteuses études d’un montant de 1.395.000.000 de Fcfa,  s’explique par les pressions de toutes sortes, dont la puissance de son réseau est capable et que la mission du contrôle d’Etat de 2014, loin de s’être débinée a dit qu’elle allait transmettre le dossier à la Cour des Comptes. N’allons pas donc vite en besogne et Son Altesse Tony devrait avoir la sagesse que lui commande son sang princier de ne pas exposer, dans un égarement de bravitude,  à la curiosité publique ceux de ses amis haut placés qui l’ont protégé par gros temps lors de ces contrôles et dont il aura encore un grand besoin par ces temps-ci qui ne lui sont pas particulièrement favorables.

Pour le reste, Tony ne supporte pas le débat. Il n’en a, ni sur le principe, la capacité de supporter la contradiction, ni sur les moyens, la logique et la cohérence de l’argumentaire. Sinon, comment lui, l’aigle qui vole très haut, pourrait se confondre en incohérences au point d’envisager l’approvisionnement de l’abattoir de Doba avec du bétail de Roro plutôt  proche de Sarh où il proclame urbi et orbi la construction d’un autre abattoir ?

Tony, pas un spécialiste du développement, un sujet de roman !

 

Comme dans les suites de la saga de l’invraisemblable milliardaire Algérien Abdelmoumène Khalifa dont la chute tout aussi vertigineuse que l’ascension a donné lieu à des nombreux romans au pays de Boumediene peut-être qu’après tout, un de ces jours, les aventures de Tony inspireront un auteur des romans tchadien qui en tirera un film de forte audience. C’est tout le bénéfice qu’on peut en attendre. Pour le reste, les investisseurs et autres partenaires techniques  qui ont fait le déplacement au Tchad dans le sillage de Tony sont peut-être dans les meilleures dispositions. Mais c’est l’intendance qui est en cause. Pour réaliser son programme de promotion du monde rural IDI a le loisir, et tous les moyens de sélection, en vue de sa mobilisation de l’expertise tchadienne. Cette expertise n’est peut-être pas aussi nombreuse que son armée. Elle existe tout de même et certaines de ces compétences s’ennuient à mort par la seule faute qu’en bons scientifiques ils se préservent de la volubilité de Tony et de ses opérations d’autopromotion à tout vent. Cette expertise là, qu’elle se trouve dans les structures d’étude et de planification des différents départements ministériels ou dans les bureaux d’étude privés, efficacement mise à contribution avec l’appui nécessaire et bien compris de l’expertise internationale permettra de faire des avancées réelles sur la voie du développement, dont les bases loin des tours de prestidigitation a besoin des fondations construites sur le socle de la vérité et du réel. 

Ndoassel Ezéchiel alias Ngar{jcomments on}

   « J’ai toujours rêvé jouer dans des grands club comme Chelsea, Barça, Real...»  

Rentré à N’Djamena après la fin de la saison footballistique tunisienne 2015-2016, le capitaine de l’équipe nationale de football du Tchad, l’international Ndouassel Ezéchiel dit « Ngar Ezéchiel ou  Dinosaure » fait le bilan de cette saison et jette un regard sur le football tchadien dans cette interview.

Par Ziller Djérambété & Armel Allarambaye

Le Visionnaire : Vous venez de finir la saison sportive 2015-2016, quelle est votre performance actuelle ainsi que celle de votre club ?

Je vous remercie pour cette tribune que vous m’accordez, parce que rares sont ces organes qui s’approchent des sportifs tchadiens et particulièrement les footballeurs en activité pour avoir leurs impressions sur leur vie et celle de leur domaine. Je voudrais dire d’emblée que la saison sportive 2015-2016 avec mon club CSS de Tunis ? est impeccable. Je justifierai cette assertion par le fait que mon club occupe la bonne position quant au classement de l’année. Et moi de même. Jusqu’à preuve de contraire, je suis le 2ème meilleur buteur dans le championnat tunisien. Ce qui est déjà pas mal pour mon pays que je représente là-bas. Pour le cas de mon club, c’est aussi formidable. Il occupe aussi le 2ème rang et nous avons le trophée entre nos mains. Maintenant, il est à regarder la saison prochaine et la campagne africaine qui se pointe à l’horizon.

Continuerez-vous avec ce club ?

Ce n’est pas le moment d’en parler. Simplement du fait que mon contrat court encore. Il peut arriver qu’il soit résilié à mi-chemin mais pour l’instant je préfère ne pas m’exprimer sur cette question. Vous savez, je crois qu’en ma qualité de footballeur professionnel, je dois toujours avoir des ambitions. Tant que ma carrière continuera, vous me verrez dans un club, peu importe.

Les grands clubs comme le Barça et le Real, ne vous ambitionnent-ils pas ?

Dans le monde du football, on ne finit pas sa carrière dans un seul club. J’ai toujours rêvé de jouer dans des grands clubs comme Chelsea, Barça, Real, etc. mais mon projet actuel est de tout faire pour jouer dans le championnat français. Je voudrais aller pas à pas et laisser les choses se dessiner d’elles-mêmes.  Si ces grands clubs me sollicitent, qu’est-ce qui m’empêcherait de répondre à leur appel ? Là où il sera véritablement question, c’est le contrat. C’est çà qui détermine tout. Il va falloir que des deux parties, chacun y trouve son compte. Je pense que Dieu est grand et il pourra faire des merveilles pour moi.

Vous êtes capitaine de l’équipe nationale, les Sao sont disqualifiés des compétitions jusqu’en 2019, comment appréciez vous cette situation ?

(Nerveux). En ma qualité de capitaine des Sao, je ne suis pas du tout d’accord avec la classe dirigeante du football tchadien qui a enterré notre football. Je ne peux pas comprendre qu’on s’engage à une compétition et tout d’un coup on nous fait croire qu’il n’y a pas des moyens. Je crois qu’il faut qu’on apprenne à être sérieux avec soi. C’est ridiculisant. Même si les résultats sont médiocres, il faut aller jusqu’au bout de son engagement. Il faut se dire que le ministère des sports est aussi impliqué dans cette manœuvre. Comment peut on comprendre qu’avec tous les financements que la Fédération internationale de football association(FIFA) ainsi que celui de la Confédération africaine de football(CAF), on nous dit qu’il n’y a pas d’argent. Mais ces fonds sont allés où ? Qu’on nous le dise. Le Fonds national de développement du sport(FNDS) met à la disposition de la Fédération tchadienne de football association des moyens mais les choses n’avancent pas. Nos supporters se fâchent contre les joueurs qui ne sont même pas responsables. Dieu merci, ils ne nous ont pas encore lâchés et dès qu’on a un match, ils viennent pour nous porter un coup de main. Une fédération qui ne peut pas satisfaire une équipe nationale tue l’équipe, c’est le cas de la nôtre avec ce que les Sao subissent aujourd’hui.

Que proposeriez-vous pour sortir le football tchadien de sa léthargie ?

Je demande au ministère de la Jeunesse et des Sports, et la fédération tchadienne de football association de se réveiller parce que le football tchadien se meurt à petit feu. Le football et la culture au Tchad ne marchent pas à l’instar des pays sous-régionaux comme le Gabon ou le Cameroun. Pourquoi ça doit évoluer ailleurs mais pas ici ? Les moyens sont disponibles mais on se demande ou vont ces moyens ? Je trouve la classe dirigeante du football tchadien et le ministère des sports moins compétents. Qu’une nouvelle équipe soit mise sur pied pour remettre le train en marche afin que le football tchadien évolue.

Qu’allez-vous faire pendant vos vacances à N’Djamena ?

Je joue avec les jeunes tous les jours, je leur prodigue des conseils leur donnant l’espoir de réussir un jour. Autant les amener à ne pas baisser les bras et avancer malgré les coups durs de la vie sportive au Tchad. J’organiserai des championnats inter-quartiers afin de réunir les jeunes autour de moi et échanger avec eux sur le professionnalisme footballistique.

Pour finir, en dehors du football, qu’est ce qui vous tient à cœur ?

 

Si le Tout puissant me garde et me donne les moyens, j’aimerai créer un centre de formation sportive répondant aux normes internationales afin de former les jeunes footballeurs et aider l’Etat tchadien. C’est pour que le niveau football au Tchad soit rehaussé au plan continental et international. Il est question de soigner l’image de notre football.

Mlle Leloum Sylviane, Miss Tchad 2016{jcomments on}

« J’avoue que jusqu’à présent, il n’y a rien à cirer...»

Après la présentation de son projet le 19 mars dernier, Mlle Leloum Sylviane, Miss Tchad 2016,  aborde avec votre hebdomadaire les raisons qui l’empêchent à réaliser son projet portant sur le Mariage précoce et les activités qu’elle a pu mené à ce jour. Entretien.

Entretien  réalisé par Djasrabé Ndingamndôh

Le Visionnaire : Vous venez d’effectuer un voyage à Moundou dans la région du Logone occidental, quel est le mobile de ce déplacement ?

Leloum Sylviane: Merci de l’importance que vous accordez à nos activités. Le déplacement à Moundou la fin du mois de juin 2016 se justifie par le fait qu’en ma qualité de Miss, je dois voler au secours de mes sœurs. C’est ainsi que nous avons estimé qu’il faille encourager les filles à étudier. Alors, nous avons trié 10 établissements et identifié celles qui a la moyenne la plus élevée de chacune de ces établissements. Donc, mon déplacement consistait à remettre des prix aux dix meilleures filles collégiennes de Moundou pour l’année académique 2015-2016.

Pourquoi avez-vous choisi la ville de Moundou ?

Il n’y a pas de raisons très particulières. Le choix des filles de Moundou est un déclic. Par la suite, nous aurons à primer aussi les filles d’autres villes du Tchad.

Peut-on avoir une idée sur les lots remis aux filles?

Toutes les dix filles ont reçu deux dizaines de cahiers, des stylos, des crayons, des boîtes à outils pour les sciences. Bref, les lots sont constitués des fournitures scolaires. Distinctivement, les deux meilleures filles ont reçu des dictionnaires Larousse de l’année 2016 et les cinq autres filles, des dictionnaires Larousse.

Depuis votre élection comme Miss Tchad 2016, on ne vous écoute presque pas. Qu’est-ce qui peut expliquer ce silence ?

Ce silence peut s’expliquer  par le retard d’intervention de mon partenaire principal qui est la compagnie de téléphonie mobile Airtel Tchad. J’avoue que jusqu’à présent, il n’y a rien à cirer. Il faut préciser l’initiative de remise de ces prix aux  meilleures filles ne vient pas de ce partenaire. C’est un sponsor que j’ai eu ailleurs, notamment au ministère du Pétrole.

Vous avez rencontrée le 20 juin dernier la 1ère dame Hinda Déby Itno. De quoi aviez-vous discuté avec elle?

D’abord ce sont des conseils qu’elle m’avait prodigués. Outre cela j’ai eu à lui présenter mon projet.  La première dame a cherché à savoir son évolution. Je lui ai fait savoir les difficultés du point de vue financier. C’est ce qui fait que les réalisations trainent.  Elle a également demandé les causes, et j’ai relevé l’inaction de mon partenaire. Il ressort aussi de nos échanges qu’il faut regarder d’autres projets que je dois prendre en compte pour les exécuter avant la fin de mon mandat. La participation du Tchad aux élections internationales des Miss n’a pas été perdue de vue.

Espérez-vous réaliser votre projet après le dernier semestre de votre mandat ?

 

Il me reste encore six mois alors j’espère que c’est beaucoup pour réaliser le projet qui d’ailleurs porte sur la lutte contre le mariage précoce des filles. Si on met à ma disposition des moyens, je crois que la réalisation ne poserait aucun problème. Lors de la présentation de mon plan d’action, il a fallu des moyens, j’ai organisé avec mon partenaire  un déjeuner de presse à plus d’un million trois cents mille de franc CFA. Donc, le gros problème ce sont les moyens. Hormis ce projet, je compte organiser des activités pendant ces grandes vacances avec les jeunes. Ce, en invitant par exemple les artistes pour rassembler les jeunes. Bien qu’il y a certains jeunes qui vont se déplacer à intérieur du pays, ceux qui resteront  sur place à N’Djamena ou dans les provinces constitueront ma cible. Ces activités porteront sur la projection des films sur les filles mariées précocement suivies de débats et des  sketchs. Aussi, à la rentrée prochaine des classes, je compte faire de sensibilisation dans des établissements scolaires autour du thème sur lequel je suis élue Miss Tchad. 

« J’avoue que jusqu’à présent, il n’y a rien à cirer...»

Après la présentation de son projet le 19 mars dernier, Mlle Leloum Sylviane, Miss Tchad 2016,  aborde avec votre hebdomadaire les raisons qui l’empêchent à réaliser son projet portant sur le Mariage précoce et les activités qu’elle a pu mené à ce jour. Entretien.

Entretien  réalisé par Djasrabé Ndingamndôh

Le Visionnaire : Vous venez d’effectuer un voyage à Moundou dans la région du Logone occidental, quel est le mobile de ce déplacement ?

Leloum Sylviane: Merci de l’importance que vous accordez à nos activités. Le déplacement à Moundou la fin du mois de juin 2016 se justifie par le fait qu’en ma qualité de Miss, je dois voler au secours de mes sœurs. C’est ainsi que nous avons estimé qu’il faille encourager les filles à étudier. Alors, nous avons trié 10 établissements et identifié celles qui a la moyenne la plus élevée de chacune de ces établissements. Donc, mon déplacement consistait à remettre des prix aux dix meilleures filles collégiennes de Moundou pour l’année académique 2015-2016.

Pourquoi avez-vous choisi la ville de Moundou ?

Il n’y a pas de raisons très particulières. Le choix des filles de Moundou est un déclic. Par la suite, nous aurons à primer aussi les filles d’autres villes du Tchad.

Peut-on avoir une idée sur les lots remis aux filles?

Toutes les dix filles ont reçu deux dizaines de cahiers, des stylos, des crayons, des boîtes à outils pour les sciences. Bref, les lots sont constitués des fournitures scolaires. Distinctivement, les deux meilleures filles ont reçu des dictionnaires Larousse de l’année 2016 et les cinq autres filles, des dictionnaires Larousse.

Depuis votre élection comme Miss Tchad 2016, on ne vous écoute presque pas. Qu’est-ce qui peut expliquer ce silence ?

Ce silence peut s’expliquer  par le retard d’intervention de mon partenaire principal qui est la compagnie de téléphonie mobile Airtel Tchad. J’avoue que jusqu’à présent, il n’y a rien à cirer. Il faut préciser l’initiative de remise de ces prix aux  meilleures filles ne vient pas de ce partenaire. C’est un sponsor que j’ai eu ailleurs, notamment au ministère du Pétrole.

Vous avez rencontrée le 20 juin dernier la 1ère dame Hinda Déby Itno. De quoi aviez-vous discuté avec elle?

D’abord ce sont des conseils qu’elle m’avait prodigués. Outre cela j’ai eu à lui présenter mon projet.  La première dame a cherché à savoir son évolution. Je lui ai fait savoir les difficultés du point de vue financier. C’est ce qui fait que les réalisations trainent.  Elle a également demandé les causes, et j’ai relevé l’inaction de mon partenaire. Il ressort aussi de nos échanges qu’il faut regarder d’autres projets que je dois prendre en compte pour les exécuter avant la fin de mon mandat. La participation du Tchad aux élections internationales des Miss n’a pas été perdue de vue.

Espérez-vous réaliser votre projet après le dernier semestre de votre mandat ?

 

Il me reste encore six mois alors j’espère que c’est beaucoup pour réaliser le projet qui d’ailleurs porte sur la lutte contre le mariage précoce des filles. Si on met à ma disposition des moyens, je crois que la réalisation ne poserait aucun problème. Lors de la présentation de mon plan d’action, il a fallu des moyens, j’ai organisé avec mon partenaire  un déjeuner de presse à plus d’un million trois cents mille de franc CFA. Donc, le gros problème ce sont les moyens. Hormis ce projet, je compte organiser des activités pendant ces grandes vacances avec les jeunes. Ce, en invitant par exemple les artistes pour rassembler les jeunes. Bien qu’il y a certains jeunes qui vont se déplacer à intérieur du pays, ceux qui resteront  sur place à N’Djamena ou dans les provinces constitueront ma cible. Ces activités porteront sur la projection des films sur les filles mariées précocement suivies de débats et des  sketchs. Aussi, à la rentrée prochaine des classes, je compte faire de sensibilisation dans des établissements scolaires autour du thème sur lequel je suis élue Miss Tchad.