Editorial

L’eau c’est la mort. Non ?{jcomments on}

Ce 22 mars, la communauté internationale célèbre la journée mondiale de l’Eau, une initiative née de l’Agenda 21 au cours du sommet de Rio en 1992 et adoptée le 22 février 1993 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est consacrée à la mise en œuvre des recommandations des Nations unies, notamment sur les économies d’eau et l’amélioration des conditions d’accès à l’eau potable, d’ailleurs reconnu comme un droit fondamental par l’Onu depuis le 28 juillet 2010. Placée sous le thème « Les eaux usées », l’édition 2017 devrait non seulement permettre de mettre en évidence les liens entre la gestion des eaux usées et les objectifs de développement durable, mais également de se concentrer sur les nouvelles approches pour faire des eaux usées une source de richesse.  Cependant, dans notre pays le Tchad, il est important de revenir sur la thématique même de l’Agenda 21, en ce qui concerne l’accès à l’eau potable pour tous surtout que la question de la consommation d’eau potable se pose avec acuité dans de nombreuses régions.

Si l’on s’accorde à dire que « l’eau c’est la vie », elle est à certains endroits de notre pays la mort. Car, par manque d’eau potable indispensable à la vie, les humains surtout, sont obligés de consommer de l’eau impure, source de nombreuses maladies hydriques, souvent mortelles. Pas plus tard que la semaine dernière encore, une mission du ministère de la Santé publique conduite par sa patronne Mme Ngarmbatnan Carmel Sou IV s’est rendue dans la région du Salamat et a pu se rendre compte de la situation alarmante que vivent les populations. Dans cette partie du territoire national, les récents rapports du ministère de la Santé publique informent que 13 personnes sont décédées de suite d’Hépatite E et 44 autres personnes atteintes de la même maladie, sont internées dans les centres de santé de la localité. En plus de ce cas d’urgence dans le Sud-est du pays, combien d’autres Tchadiens sont les victimes quotidiennes des maladies liées à la consommation d’eau impure, comme le paludisme,  la fièvre typhoïde et paratyphoïde, l’Onchocercose (cécité des rivières), du cholera, du dracunculose (ver de Guinée), de la diarrhée et bien d’autres maladies évitables par la consommation d’eau potable.

Il est regrettable de constater que dans ce Tchad où les thuriféraires du régime ne cessent de clamer haut et fort « Emergence », le taux d’accès à l’eau potable, véritable indice de développement soit en deçà de 50%. Sur les 12 millions d’habitants, moins de la moitié consomment de l’eau potable. De nombreuses études menées sur la santé au Tchad, attestent que la consommation d’eau impropre est à l’origine de nombreux cas de décès dans les zones rurales et semi-urbaines. Mais, cela n’émeut en rien le régime en place qui se préfère la construction des infrastructures qui ne sont rien d’autres que des éléphants blancs que de s’attaquer à la source du mal que vivent les populations.

Et pourtant, la question d’accès à l’eau potable n’est plus d’actualité dans de nombreux pays. Le cas spécifique du Tchad peut être résolu, si et seulement si, le gouvernement s’engage à doter les villes et villages de forages d’eau équipés des pompes à motricité humaine en lieu et place des châteaux d’eaux dont l’entretien pose souvent problème aux bénéficiaires. Ou encore, accroitre l’adduction d’eau potable dans les zones urbaines en utilisant de l’énergie thermique ou éolienne. C’est juste une question de volonté politique.

Si le thème de cette année « Eaux usées » est choisi pour inciter à faire des eaux sales une source de richesse par la transformation, au Tchad nous sommes encore loin de cette industrie. Car, le secteur de l’assainissement reste l’un des moins coté, bénéficiant de très peu d’attention du gouvernement. Pour preuve, le taux d’accès aux services d’assainissement est en deçà de 15% selon une étude du ministère de l’Hydraulique datant de deux ans.  L’on se demande que fait-on de la Stratégie nationale de la croissance et de la réduction de la pauvreté (SNRP 2008 – 2011), élaborée par le Gouvernement dans laquelle, le secteur de l’eau et de l’assainissement occupe une place de choix. Pour que l’eau ne soit pas une source de mort, le gouvernement et ses partenaires ont tout intérêt à investir davantage dans l’amélioration de la qualité de l’eau de consommation. Car, le développement, c’est d’abord le bien-être de la population.

Shalom!

Allahondoum Juda

Sauvegarde du bassin du lac Tchad

Que des défis à relever{jcomments on}

Le secrétaire exécutif de la commission du bassin du Lac-Tchad (Cblt),  par ailleurs le chef de mission de la force multinationale mixte M.  Senoussi Imrane Abdoulaye a animé une conférence de presse le 14 mars dernier au sein de son institution.  Les questions liées à la survie de cette institution vieille de 53 ans au menu des échanges.

Oscar Djinan

Le Lac-Tchad considéré comme le 4ème grand lac africain et le 3ème lac endoréique du monde, son assèchement et les assauts de la secte Boko-haram sur ses rives ont conduit le patron de la Cblt à échanger avec les journalistes sur les défis majeurs qui se posent à cette institution, notamment la reforme de l’organigramme, les actions de développement dans le bassin sans occulter la question sécuritaire. Pour le secrétaire exécutif de cette institution, M. Senoussi Imrane Abdoulaye, la diminution des eaux du lac-Tchad est un défi majeur. « La diminution considérable de la surface moyenne du lac due aux changements climatiques, est un défi majeur qui vient se greffer à celui sécuritaire lié à la secte islamique Boko haram avec son lot de désolation des victimes innocentes, de destruction des infrastructures de base et de personnes déplacées, avec comme corollaire la maladie et la faim » a-t-il déploré. Face à ces problèmes, il urge d’apporter des solutions pour alléger la situation de la population riveraine qui est estimée à plus de 30 millions d’Africains qui dépendent des activités humaines menées sur le lac et son bassin. C’est dans cette optique qu’il a été demandé à la Cblt, de reformer l’organigramme pour relever le défi et gagner la confiance des partenaires au développement. Il faut un personnel compétent et qualifié qui peut relever ces défis et renforcer les capacités des points focaux.

Déjà le processus de recrutement des deux directeurs est clair, il y aura des recrutements en vue pour restructurer l’institution martèle Imrane Abdoulaye. Selon lui, plusieurs actions de développement sont faites. L’on peut citer entre autres, le programme d’urgence en faveur des couches défavorisées, sur financement des Etats membres, la mise en œuvre des activités génératrices de revenus par l’amélioration des chaines de valeurs des principales. Mais le secrétaire exécutif déplore le non engagement de certains Etats de s’acquitter de leur obligation pour rendre fluide les actions pour le développement. Le secrétaire exécutif informe en outre que, le projet de transfert de  l’eau de l’Oubangui vers le lac Tchad est en bonne voie et qu’un financement de 1,8 millions de dollars a été signé par le gouvernement Tchadien «  c’est un projet phare, mais il n’y a pas assez d’informations qui sont diffusées. Il y aura  le recrutement des experts d’ici fin avril, afin d’étudier les possibilités de sa mise en œuvre. Lors de la conférence de Cop 22 le président de la République démocratique du Congo a apporté son soutien à ce transfert d’eau », informe Senoussi Imrane Abdoulaye.  Pour le cas des déplacés sur les zones d’exactions de Boko haram, le secrétaire martèle que « la situation a obligé les Etats membres de la Cblt à mutualiser leurs éfforts à travers la force multinationale qui est à pied d’œuvre dans la lutte contre cette secte. Les résultats probants obtenus donnent de l’espoir de voir dans un futur proche les populations déplacées regagner leurs bercails. Maintenant plus de 1300 éléments de Boko-haram se sont rendus volontairement. Mais, il reste toujours à faire ». En perspective, le secrétaire exécutif souligne que  les efforts militaires pour la sécurisation de tout l’espace du bassin, condition sine qua non de tout développement seront renforcés. Mais ces efforts doivent être soutenus par des actions de développement afin de maintenir dans les terroirs les populations retournées. La première phase de reforme vient de se terminer par le recrutement de deux directeurs lors du dernier Conseil des ministres. Le processus va se poursuivre avec le recrutement des chefs de division et des experts, afin de donner à la Cblt les moyens humains nécessaires pour faire face aux défis de l’heure et de permettre l’accomplissement de ses missions, apprend-on du Secrétaire exécutif, en fin de mandat. La Cblt compte impliquer désormais la population par le biais des medias nationaux, pour que la population soit informée de ses actions.

Violence xénophobe en Afrique du Sud

Le risque d’explosion d’une crise diplomatique en Afrique{jcomments on}

La page sombre de l’Afrique du Sud s’ouvre par cette horrible sauvagerie humaine que vivent certains étrangers surtout noirs africains ces derniers temps. Et pour cause, le mécontentement des jeunes Sud-africains qui estiment être taclés par les expatriés dans tous les secteurs d’activités réduisant leurs opportunités d’embauche.

Djasrababé Ndingamndôh, depuis Dakar

Nul ne peut s’inscrire en faux du fait de la rareté d’emplois dans un contexte de chômage extrême et de la recrudescence de la pauvreté. Cependant, ceci n’est pas une raison valable pour commettre des actes barbares sans pareil comme dans une jungle. Et, c’est ce qui se produit au pays de Madiba. Des noirs Africains qui s’attaquent à d’autres noirs, c’est peut-être une légende de l’apartheid moderne qui a refait surface. La vague de contestations violentes contre les immigrés ont ravi le spectre des émeutes xénophobes meurtrières. Et ce, depuis plus de trois semaines, l’on continue d’enregistrer une pile de destructions des patrimoines appartenant aux immigrés noirs qui, exercent dans la plupart, dans les sociétés privées ou dans les institutions non gouvernementales. Ce sont, notamment, des meubles et bâtiments en majorité habités par les expatriés. Ce n’est  pas tout, les traits visibles de ces actes ignobles des jeunes Sud-africains les plus  choquants sont que, cette bande de pyromanes s’était plu à bruler des êtres humains, abandonnant ainsi leurs dépouilles  calcinées sur la voie publique. Sans que ces derniers ne soient mis aux arrêts. Nulle part au monde, cette histoire ne peut passer inaperçue. C’est inconcevable. C’est dire que la valeur humaine n’est plus respectée en Afrique du Sud. L’opinion nationale et internationale n’ont point, de leur côté, été attirées par cette affaire aussi pitoyable soit-elle pour laquelle le monde entier devrait se sentir offusqué. L’on apprend qu’après ces regrettables forfaits, les liens diplomatiques des pays qui ont pu identifier les cadavres de leurs compatriotes se sont fragilisés avec l’Afrique du Sud. Chose qui, d’ailleurs est normale puisqu’aucun Africain ne peut rester indifférent et accepterait apprendre que ses confrères subissent les actes criminels à l’étranger. D’après les correspondances particulières, cette crise prendrait son origine suite à la déclaration virulente de Goodwill Zwelithini, chef traditionnel  des Zoulous  demandant aux étrangers de s’apprêter à quitter définitivement le territoire sud-africain pour rejoindre leurs pays respectifs. Aussi que cette idée est soutenue par certains hommes politiques Sud-africains. De ces intentions, il ressort clairement que le secteur tertiaire est majoritairement tenu par les étrangers. Et pourtant, d’après ces ravisseurs, il faut réglementer le commerce pour dorénavant prioriser les jeunes Sud-africains sans activités. Toutefois, elle n’est pas fondée du fait qu’à aucun niveau de frustration, ces attaques intentionnelles contre la personne humaine ainsi qu’aux biens privés ne  peuvent se  justifier. Ce qui n’est pas sans ignorer que partout en Afrique le chômage touche tous les jeunes aussi qu’en ce dernier temps où, la crise sévit dans presque tout le continent. Ce n’est  pas seulement la jeunesse sud-africaine qui demeure l’ultime victime. Où est alors l’essence de l’intégration africaine? C’est à comprendre qu’en agissant ainsi, l’Afrique du sud incite à l’insurrection continentale qui risquerait malheureusement de restreindre ses relations et lui coûter la peau de loup. Déjà, qu’elle (Afrique du Sud) reste le pays africain le plus industrialisé, ce qui attire le plus grand nombre des investisseurs mais aussi ayant ses filiales partout dans le monde, cela influencerait sur ses atouts économiques. 

 

Le Mouvement Patriotique du Salut, 27 ans après Bamina

 

Et l’Action du 1er Avril, le MOSANAT et les FAT/MRP se fondirent en une seule organisation, le MPS. Objectif : renverser la dictature de Hissein Habré pour instaurer la démocratie au Tchad. Flash back sur le congrès historique qui donna le signal à un blitzkrieg victorieux de moins de neuf mois.

Mahamat Annour Tidjani

Une entreprise aussi incroyable qu’à la limite désespérée. Il y a vingt- sept ans, du 8 au 11 mars 1990, sur le puits du lieu-dit de Bamina,  à la lisière de la frontière tchado-soudanaise, se tenait l’improbable congrès d’un mouvement qui allait changer le cours de l’histoire du Tchad et exercer à la tête de l’Etat, un pouvoir qui portera,  par la suite,  la voix du pays de Toumaï dans le concert des grandes nations.

Combien étaient t-ils à Bamina ? Quel était leur état d’esprit ? Quels étaient leurs moyens ? Dans quel décor se tenait cette rencontre spartiate ? Qui,  mieux  qu’Idriss Deby, le leader du MPS est indiqué pour répondre à ces questions ? Et voici, avec des airs du Chant des Partisans,  ce qu’il en dit « Une poignée d'hommes, sans appuis, isolée et démunis, que tout (le nombre, la disparité écrasante des forces et des moyens) semblait condamner. »

Tout autour un paysage hostile et,  en face, un ennemi redoutable,  c’est le contexte du Congrès de Bamina.  Au deuxième congrès du MPS, tenu à N’Djamena, en 1991,  Deby   se rappelle : « Derrière nous : une terre pierreuse, aride, une brousse d'épineux et des rochers. Face à nous : une dictature impitoyable, puissamment armée, une police redoutable, expéditive, une force militaire et politique résolue à nous écraser. »

Des moyens limités mais une détermination à toute épreuve

Dans l’opinion, on ne donnait pas cher à l’équipée du MPS, que les communiqués, plus définitifs les uns que les autres, des forces du dictateur Hissein Habré assuraient, jour après jour,  «avoir totalement écrasée ». Déby et ses partisans avaient la pleine conscience du faible poids qui était celui de leur mouvement lorsqu’il dit « La plupart des analystes nous considéraient comme des illuminés ou des despérados. »  Dans le contexte d’une telle situation, qui leur était fortement défavorable, la détermination des partisans du MPS sera irrésistible, un élément qui fera basculer le rapport des forces. Et le Colonel Idriss Deby d’analyser cette situation, avec des accents gaulliens : «Personne, alors, ne prenait en compte que nos mains serrées  sur les crosses de nos armes marquaient la foi des patriotes dans l'avenir de leur pays, leur détermination à mourir pour le triomphe de la liberté et de la justice au Tchad.»

La liberté et la justice, un programme, qui fera mouche dans l’opinion nationale qui n’avait que trop souffert de la dictature Habré, son demi-salaire fondé sur l’effort de guerre et sa terrible DDS, la Direction de la Documentation et de la Sécurité qui lui assurait une emprise totale sur la vie des citoyens. Idriss Deby se trouve, dès lors, à ces moments aussi décisifs qu’incroyables, où la trajectoire des hommes croise celle des nations pour écrire, dans le sens de son changement, l’histoire.

L’ennemi était surpuissant mais pour compenser cette infériorité en hommes et en moyens. Qu’à cela ne tienne, pour compenser cette forte disparité,  le leader du MPS, avait comme avantages différentiels, l’intelligence autant de l’organisation des FANT, de leur équipement et plus déterminant celle de leur psychologie avec en prime une connaissance privilégiée de  la géographie du théâtre des combats.

Dans la lutte contre la dictature de Hissein Habré, le MPS livrera des batailles, d’abord sur le terrain militaire mais aussi sur le terrain politique, avec une communication, centrée sur l’instauration de la démocratie.

A Ouagadougou, Paris, Khartoum,  Tripoli, …,  le MPS se fait connaître, s’assure des soutiens, à tout le moins de la bienveillance, celle des partisans et des sympathisants, mais aussi celle des puissants Etats qui ont toujours pesé sur l’histoire du Tchad.

Une histoire en marche, un destin  qui se noue

La proximité contextuelle du discours de la Baule de François Mitterand et, en réaction,  les fanfaronnades tout comme les maladresses  outrecuidantes des discours de Hissein Habré, l’effondrement du bloc de l’Est, et pour couronner le tout, la démotivation dans les rangs des FANT, dont l’esprit de corps  n’était pas au plus fort,  achèveront de faire tomber le pouvoir de Hissein Habré que ses thuriféraires, disaient « taillé dans le roc ».

La mobilisation dans les rangs des FANT était, il est vrai sapée, par l’extraordinaire combativité des partisans du MPS, commandé par des chefs militaires d’exception. En face, les chefs de l’insurrection étaient ceux-là même qui, avaient, dans un passé récent, conduit les FANT aux grandes victoires contre l’orgueilleuse armée libyenne et son armada. Face aux frères d’armes du MPS, les soldats de l’armée de Hissein Habré n’avaient guère des grandes raisons de se battre, outre mesure.  Qui plus est, pour défendre une dictature. Avec le travail de sape du moral, résultat des pratiques discriminatoires qui avaient cours dans leurs rangs, il était évident qu’une partie des soldats des FANT marchait au combat avec des sentiments ambivalents pour ne pas dire une absence totale de motivation.

En face, le MPS qui alignait derrière Idriss Deby, de l’Action du 1er avril,  Maldom Bada (Mosanat), Nadjita Beassoumal, Djibrine Dassert (FAT/MRP), et d’autres cadres politico-militaires était assez représentatifs de l’ensemble des populations tchadiennes, dans leur diversité. Il tenait, en outre, un discours fort clair et simple, en forme de réclame politique : «l’instauration d’une démocratie véritable, rien que la démocratie », dixit son porte-parole, en ces temps à Paris, Moctar Wawa Dahab.

La France s’enferme dans l’indifférence, les Américains décommandent leur aide de la dernière chance

Et ce qui était considéré jusqu’à là comme impossible se réalisa. Avec une soudaineté à nulle autre pareille.  Incrédules, les Tchadiens apprenaient en novembre 1990, qu’Hissein Habré,  le redoutable lion de l’UNIR avait, de justesse, échappé à une capture par les forces du MPS, lors d’un sanglant accrochage dans le secteur de Tiné. La suite ira très vite. Abeché, la grande métropole de l’Est tombera, sans coup férir, les jours suivants. Dans l’indifférence de l’armée française qui y avait une base. Les rodomontades du «Lion de l’UNIR » à l’endroit de l’ancienne puissance coloniale et son imperméabilité aux reproches sur les violations massives des droits de l’homme, dont l’embastillement d’un mystérieux groupe d’activistes auteur des tracts distribués à N’Djamena, au nombre desquels un certain Gali Gatta Ngothé, proche des socialistes au pouvoir  en France, seront  pour beaucoup dans cette curieuse attitude des militaires de  l’opération «Epervier». Pour les militaires Français, entre l’ombrageux Hissein Habré, lâché par les politiques de l’hexagone pour son autisme et sa propension à rappeler la France à ses devoirs historiques à l’endroit du Tchad – n’était-ce pas plutôt à l’endroit de son régime autocrate ? - et Idriss Deby,  un ancien de l’Ecole de Guerre qui proposait, au moins,  aux Tchadiens un autre horizon politique, le choix était clair.

Fin novembre 1990, Chester Crocker, Sous-sécrétaire d’Etat aux affaires africaines, dans un dernier sursaut de l’antikhadafisme qui portait l’Amérique à un soutien presqu’aveugle au régime de Habré, rappellera, devant la série des débâcles des FANT et l’indifférence quasi-évidente de la France Miterrandienne, son engagement à soutenir le pouvoir de celui qui était alors connu à Washington sous l’appellation de «Notre homme en Afrique».

Las, le Colonel David G. Foulds, Attaché de  Défense de l’Ambassade US au Tchad, plus au fait de la réalité sur le terrain,  a, lui  tiré ses conclusions définitives. Ce 30 novembre 1990, les deux C-141, bourrés d’armes et fin prêts,  ne décolleront pas du pays de l’oncle Sam pour venir en aide à «Hissein Habré, le guerrier du désert par excellence ». Il était dès lors aussi vrai que ceux qui avaient construit la réputation chevaleresque d’exception de ce dernier, étaient justement ceux-là qui lui faisaient désormais face : Deby et Maldom, entre autres.

Un Waterloo aggravé sur les rives du Chari

Hissein Habré, à l’aube d’un 1er décembre 1990 ? Ce ne sera même pas Napoléon à Waterloo, combat héroïque au cours duquel l’empereur témoigne que «La garde se meurt mais elle ne se rend pas ». Les derniers éléments de la redoutable Sécurité Présidentielle (SP) de HH ne chercheront même plus à se battre, dans le baroud d’honneur du dernier carré. Ce sera à qui mieux-mieux. Redevenu un simple mortel, le dictateur n’avait d’autre choix que de prendre honteusement la fuite. Vers Kousseri au Cameroun et pour l’exil. A N’Djamena, le nom d’un marché spontané rappelle, pour la postérité, l’évènement : « Hissein Djara ».

Toute une génération des Tchadiens née sous le MPS

Le 1er décembre 1990, Idriss Deby, l’ancien Comchef des FANT a renversé Hissène Habré, celui dont il avait été longtemps le chef militaire distingué. C’est d’abord l’historique discours du 4 décembre 1990 et le fameux «ni or, ni argent mais la liberté et la démocratie » dont le MPS se pose autant en héraut que porteur de projet. Ensuite, dans une interview qu’il accordera quelque temps après au journaliste Sennen Andriamirado de Jeune Afrique, il fait une sévère critique du bilan de celui qui avait régné sans partage sur le Tchad, huit ans durant, dénonçant tour à tour, le totalitarisme du l’ancien maître du Tchad, son népotisme, les discriminations tribales dans la gestion de l’appareil d’Etat : l’armée et l’administration civile, avec des analphabètes complets aux commandes. Il y a aussi cette interview, accordée à la Gazette du Golfe, un an, après son arrivée au pouvoir, dans laquelle, Déby, en forme d’assurance à ceux que le doute pourrait hanter, son choix de la démocratie : (( que le MPS ne se conduise pas comme le mouvement qui est en dessus de tout, mais comme le dernier mouvement en armes à prendre le pouvoir au Tchad, et qui devrait assurer la mise en place d‘un Etat de droit.»

Au congrès extraordinaire du MPS en juillet 1991, son Patron maintient, dans son discours, la ligne, intimant à ses camarades : (( Vous avez été grands sur le champ de bataille, soyez grands dans le combat des idées et le débat politique. »

 

 

D’abord Président du Conseil d’Etat en décembre 1990, Deby deviendra Président de la République en février 1991. Il obtiendra une légitimation du pouvoir MPS par la Conférence Nationale Souveraine de 1993. Avec le MPS, Deby a depuis lors pris les leviers du pouvoir d’Etat. C’est donc toute une génération des Tchadiens, des jeunes pour être plus précis, l’écrasante majorité de la population tchadienne qui est née et a grandi sous le régime MPS.

 

Aujourd’hui des nombreux historiques du MPS ont disparu. Il y a d’abord les militaires, à commencer par Maldom Bada Abbas. L’intrépide guerrier Hadjeraï, numéro 2 du mouvement insurrectionnel au moment de la prise du pouvoir, fut le premier dirigeant MPS à entrer dans N’Djamena, déserté par les forces d’Hissène Habré, et à mener les négociations avec Jean-Alingué Bawoyeu, alors Président de l’Assemblée Nationale du régime déchu et surtout Président intérimaire présomptif, auquel les nouveaux maîtres auront tôt fait de dénier toute légitimité. Cependant dès 1991, les divergences le mettront aux prises avec Deby, avant qu’un compromis des braves ne soit trouvé.

 

L’impétueux Abbas Koty Yacoub reprendra très vite le chemin de l’opposition militaire, un parcours dont l’issu lui sera fatal. Djibrine Dassert, présenté comme foudre de guerre dans la marche du MPS sur N’Djamena aura, un peu plus tard, un parcours similaire.

 

Au nombre des intellectuels, on retiendra notamment Ousmane Gam auquel on prête la rédaction du fameux discours du 4 décembre 1990. Cet éternel révolutionnaire dans l’âme, quittera les rangs, peu de temps, après la prise du pouvoir pour prendre les chemins de l’exil.  Guidingar Berassdé est un autre intellectuel désabusé, pour lequel, la poursuite de la lutte pour le changement se fera, autrement, dans les colonnes de N’Djamena Hebdo.

 

Dans la liste des historiques du MPS aujourd’hui disparus, il convient d’aligner, à l’intersection des militaires et des intellectuels, le général Ali Abdallah Nassour.

 

Le difficile exercice de la démocratie

 

En cette date anniversaire, il y a lieu de revenir sur cette page majeure de l’histoire tchadienne. 27 ans après l’historique congrès de Bamina et 26 ans après l’arrivée du MPS au pouvoir, quel bilan peut-on faire du régime MPS ? Donnons la parole à deux observateurs avertis de la politique tchadienne, dont les analyses, pour être similaires, méritent d’être méditées : Robert Buijtenhuijs et Hourmadji Moussa Doumngar. Le premier, reconnu internationalement comme un spécialiste du Tchad et surtout du Frolinat, dans une analyse faite, tout juste, une année après la prise du pouvoir par le MPS, dans article de Politique Africaine intitulé « Idriss Deby, dernier seigneur de guerre ». Buijtenhuijs, après avoir accordé des gages aux engagements du nouveau Président dans le sens de la démocratie exprime, cependant, des fortes réserves lorsqu’il analyse que : « Déby a pris le pouvoir avec une poignée seulement de partisans armés qui s’attendent à être récompensés pour leurs efforts et qui risquent de tourner leurs armes contre lui s’il ne leur donne pas au moins partiellement satisfaction. Deuxième donnée du problème : Déby ne peut pas gouverner le Tchad durablement en s’appuyant uniquement sur cette base restreinte ; il est donc obligé à jouer l’ouverture, quitte à s’aliéner ainsi ses partisans. D’où le scepticisme de bon nombre de Tchadiens quand on les interroge par les chances de réussite de l’expérience démocratique en cours. »

 

Le second, Hourmadji Moussa Doumngar est un homme de presse tchadien, à qui l’on peut accorder le crédit d’une connaissance approfondie de l’histoire du Tchad indépendant en général et en particulier des tumultes qui l’ont secoué. Dans son ouvrage « Tchad, le boulet tribal », écrit, en 2000, soit 10 ans, après l’arrivée du MPS au pouvoir, il partage l’optimisme de départ de Buijtenhuijs sur les promesses du pouvoir MPS et de son Chef Deby. Au départ, Deby éblouit littéralement Doumngor qui écrit : « Deby apparut [à sa prise de pouvoir] comme le Général De Gaulle, comme Gandhi, comme Sankara, comme Amadou Toumani Touré. Personne ne voyait en lui, un Bideyat, un Zakawa, un nordiste, un musulman mais plutôt un Grand Tchadien sublimé qui incarnait toutes les tribus tchadiennes, toutes les régions du pays, toutes les religions pratiquées. […] La grâce de Dieu baignait sur le Tchad ». Cet enthousiasme, le journaliste, le tempérera, cependant très fortement, devant la réalité des faits qui s’imposèrent fort rapidement, lorsqu’il constate, désenchanté, quelques lignes plus loin :  «L’an de grâce, hélas ! dura le temps d’un beau rêve. Les Zakawas et les Bideyats s’approprièrent le cabinet présidentiel pour faire main basse sur les rouages et les ressources de l’Etat. Le sauveur et de la Nation tomba de son piédestal pour devenir otage de sa tribu qui le récupéra pour en faire un président Zakawa-Bideyat, régnant avec une main de fer tribale sur les autres tribus. Chasser le naturel et il revient, dit-on, au galop ».

 

Près de 25 ans après l’analyse de Buijtenhuijs et 17 ans après celle de Hourmadji, dans quel sens le MPS au pouvoir a-t-il évolué dans sa gestion de l’Etat du Tchad, une création coloniale composée des centaines des tribus dont il faut faire une nation, un pays très pauvre en quête légitime de prospérité et de bonheur partagé entre ses fils?

 

Dès le milieu des années 1980 le soldat Deby construit une légende de chef militaire autant fin stratège que redoutable guerrier. En même temps qu’ils lui accolaient un surnom, « le cow-boy du désert », les médias occidentaux découvraient alors médusés ce mince et taciturne commandant, tout juste trentenaire, à la démarche dégingandée, face auquel l’immense armada de Khadafi et ses mercenaires de toutes parts du monde ne pouvaient guère tenir dans les batailles du désert.

 

Et puis en 1990, suivant Le Monde du 04 décembre 1990, Deby qui avait pris « vingt mois pour ruminer sa vengeance [après sa sortie de N’Djamena, le 1er avril 1989], et trois semaines pour la mettre à exécution » en détrônant Habré, se fit politique. Avec une remarquable habileté, il réussit, à sa prise de N’Djamena, à se maintenir dans les bonnes grâces de Kadhafi, en lui rendant ses prisonniers de guerre, sans pour autant mécontenter les Américains et avec eux, la France, ancienne puissance coloniale, en permettant l’évacuation des contras Libyens sous les ordres d’un certain Colonel Haftar, alors financés par la CIA.

 

L’ancien cow-boy du désert, s’est fait un nom. Les trois lettres IDI ne sont plus à présenter, et le patron du MPS, homme politique, devenu homme d’Etat, se cherche un destin de leader panafricain. Entre-temps, le MPS, mouvement insurrectionnel d’essence militaire s’est mué en parti politique, avec des militants de toutes origines géographiques et sociales du pays.

 

Entre le petit m du moi et le Grand P du Peuple

 

Deby est maintenant sexagénaire, un vénérable âge, le MPS, pour sa part, compte sa pleine maturité. Le Tchad, dirigé par le MPS sans discontinuation depuis 26 ans, a incontestablement pris de la dimension au niveau international. A l’intérieur cependant des contestations ouvertes ou sourdes s’exacerbent. L’administration est à la peine et les promesses de progrès social et économique, depuis que l’illusion du « boom pétrolier » prend des airs des mauvais mirages. Les fractures sociales, entre richesses outrancières et misères noires, se font, chaque jour, un peu plus profondes. La démocratie semble par moments, balbutier et alors que l’opposition dénonce un saupoudrage de démocratie pour les besoins des bailleurs de fonds et partenaires internationaux. Dans leurs épanchements, certains militants du MPS écœurés confient que le parti compte davantage des clients - des chômeurs en quête d’emploi, des hommes d’affaires mus par la promotion de leurs affaires ou des fonctionnaires à la recherche des promotions -, et moins des militants convaincus. Comme pour remettre en cause, la réalité des engagements des premiers jours du MPS à instaurer la démocratie et à réaliser le désir de mieux-être des populations tchadiennes.

 

 

Dans une adresse, faite le 26 décembre 2016 à sa majorité, dont les enregistrements ont été officiellement censurés, mais qui sont devenus, de ce fait, un phénomène viral sur les téléphones portables de N’Djamena, on pouvait entendre le ci-devant élève de la terminale scientifique du Lycée Jacques Moudeina de Bongor énoncer, avec gravité, ce principe trivial pour tout Homme d’Etat : « Attention ! Devant le moi, avec le petit m, il y a le Peuple avec le grand P auquel nous devons rendre des comptes.»  Il appartient à IDI de parfaire autant son histoire que son passage à la postérité pour être en accord avec ces justes paroles venant près de trois décennies après Bamina. Et avec lui le MPS qui fête ces jours-ci ses 27 ans !

Audit des diplômes

Sera-t-il (encore) un coup d’épée dans l’eau ?

 

Dans l’intention de contrecarrer les détenteurs des faux diplômes qui continuent par émarger au Trésor public, le gouvernement a mentionné, parmi les 16 mesures d’austérité, l’audit des diplômes de tous les salariés du secteur public.  Chose qui semble se traduire en acte par l’annonce de l’Appel à candidature du ministère de la Fonction publique. Mais que peut-on s’y attendre concrètement ?

Annoncé tambour battant depuis la prise des 16 mesures, l’Appel d’offre pour l’audit des diplômes vient d’être lancé il y a quelques jours par le gouvernement à travers le ministère de la Fonction publique, de l’Emploi et du Dialogue social. Connu qu’au Tchad, ceux qui émargent sur le budget de l’Etat font bon ménage avec le régime, cette nouvelle ne serait que trompe-œil. Plus qu’inefficace, aucune des instances de contrôles sous le régime de Déby n’a su s’imposer en rendant un travail en toute objectivité sans pouvoir autant céder aux intimidations et aux mains basses. 2000, 2011 et 2014, des opérations de recensement des agents civils de l’Etat ont été engagées sans que l’aiguille ne bouge d’un centimètre dans le bon sens. Il est à savoir que la Fonction publique demeure le véritable mouroir des jeunes diplômés sans emplois.  Puisque, dans les couloirs de ce département, nos sources renseignent que la quasi-totalité des salariés « protégés du système » sont intégrés soit avec des actes de naissance ou des factures d’achat comme l’ironise le député fédéraliste Yorongar Ngarléjy. Sinon par des espèces sonnantes et trébuchantes, les analphabètes de tout bord, sont parvenus à se faire délivrer des diplômes dans les institutions universitaires et les écoles supérieures. Et par la suite, sont intégrés et nommés dans les hautes sphères de l’Etat. 

Entretemps, le pays fait face à une poliomyélite financière sans précédent.  Ce qui est sûre, aucun de ceux qui seront mis en cause écoperont des sanctions digne de ce nom. L’on se souvient encore des derniers contrôles dans l’Armée, ainsi qu’à la Police, où tous ceux qui par quelle alchimie on ne sait, se sont retrouvés dans les arcanes de l’armée ont été renvoyés. Mais en moins d’un an sur les carreaux de ses services, tous les déflatés ont été réhabilités  et rétablis dans leurs droits sociaux. Et pourtant dans un pays de droit, ces faussaires devront normalement purger leur peine ainsi qu’ils seront sommés à rembourser la somme indûment perçue. Dans le cycle de vie, il y aura nécessairement, entre autres,  des cas de décès, des cas d’incapacité physique occasionnant ainsi la  retraite par anticipation mais comme le  système d’information des ministères en charge de la Fonction publique et celui des finances  semble n’être pas adapté aux réalités actuelles, il serait alors plus difficile de maîtriser le nombre des fonctionnaires Tchadiens pour une gestion saine et rationnelle. L’expertise qui sera commis d’office pour 6 mois afin de diligenter l’audit aura-t-elle les mains libres pour mener à bien son travail afin de déceler les faux fonctionnaires des  vrais ?

Et si audit des diplômes y devrait avoir, il faut nécessairement commencer par la tête, notamment la Présidence, la Primature, les ministères et autres postes juteux où pullulent les diplômés en carton.  Que les faux docteurs, des professeurs autoproclamés, des licenciés qui ne connaissent pas l’école qui les a formés, soient décelés et présentés publiquement à la presse. ça pourrait encourager à l’excellence.

 Si du ministère de la moralisation, l’on est tombé à l’opération Cobra, ensuite, à l’Inspection Générale de l'Etat mais de tous les résultats produits par les différentes commissions,   ce ne sont que les innocents qui sont mis en taule au profit des vrais détourneurs des deniers publics, il es temps de changer la donne en mettant un peu du sérieux dans les missions de contrôles et d’audit. Sinon, ça ne serait que du temps perdu et du gaspillage de plus.

 

Djasrabé Ndingamndôh

Nomination à l’Agence nationale de sécurité (Ans)

De quoi Déby a-t-il peur ?

 

Considérée comme une institution qui vise à maintenir la sécurité et la sureté de l’Etat à travers les renseignements, l’Agence nationale de sécurité vient de connaitre un remue-ménage par deux décrets présidentiels (décrets 069 et 070) en date du 20 février dernier. Mais, en parcourant les documents, l’on se rend compte que ce sont les proches du raïs qui ont bénéficié des maroquins à la tête de ladite institution.

D’après le décret 069/PR/2017 portant création des délégations régionales de l’Agence nationale de sécurité,  dix délégations  régionales de cette institution sont  créées sur l’ensemble du territoire national. La mission de ces délégations est de coordonner les missions des Antennes de l’Ans dans les limites relevant de leurs compétences. Elles ont pour attributions de rechercher, recueillir, et exploiter les informations touchant à la sécurité et la sûreté de l’Etat et rendre compte à la hiérarchie, détecter, prévenir et anticiper toute activité subversive et la déstabilisation dirigée contre les intérêts vitaux de l’Etat et de la nation en liaison avec les autres services régionaux. L’article 9 du décret 069 informe que les délégations régionales sont habilitées à procéder à des arrestations et à la détention des personnes présumées suspectes pour des fins d’enquêtes, lorsqu’elles représentent une menace réelle ou potentielle dans le respect des lois de la République.

Le décret 070/PR/2017 qui complète celui mettant en place l’institution, nomme les délégués régionaux de l’Ans. Dans la configuration, aucun nom à consonance sudiste sur les dix délégués qui ont le rang de chef de service à la présidence de la république, nommés par le chef de l’Etat le 20 février dernier.  Ce sont tous les proches de la famille présidentielle qui sont catapultés dans les différentes rênes de cette institution. Déjà que la direction générale est dirigée par deux proches du président de la république. C’est à se demander si les cadres des régions de la zone méridionale du pays ne sont pas si compétents pour diriger les services des renseignements au Tchad ou alors sont-ils bon au remplissage des fiches destinées à la hiérarchie. Ce qui,  étalerait clairement la vision du président Déby, à faire de cet outil, un service acquis à sa cause. A-t-il l’idée de ce que l’on appelle géopolitique comme ses sbires ne cessent  d’en faire maladroitement usage pour nommer qui ils veulent et où ils veulent sinon des semi lettrés  dans les différents postes les plus juteux ?

S’entourer de ses proches...

Au moment où le pays se trouve dans l’impasse, Déby estime par ce fait, avoir un œil coriace sur le pays par l’entremise de ses proches nouvellement nommés. Toutefois c’est à se demander si, ces derniers ont le profil requis. Sinon Déby n’a-t-il plus confiance aux autres Tchadiens qu’à ses proches ? La restructuration en elle est une bonne chose, tellement ces agents polluent la profession pour faire taire les idées.  Et pourtant,  les Renseignement généraux ont pour vocation principale  de renseigner le gouvernement sur tout mouvement pouvant porter atteinte à l'intégrité de l’État, l’orienter dans la prise des décisions pour éviter tout débordement dans le futur. « Les renseignements recherchés concernent tous les domaines de la vie institutionnelle, économique et sociale susceptibles d'entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires », nous informe des sources dignes de foi. Mais déjà,  elle (Ans) se prévale de sa nature secrète de surveillance, ressemblant ainsi au Régiment de sécurité présidentielle (Rsp) sous l’ancien président Burkinabé Blaise Compaoré, pour museler, traquer et étouffer les innocents pour avoir exprimé leurs  pensées jugées austères au parti au pouvoir. Pure confusion dans cet appareil qui ne sert qu’à un régime et non au peuple.  Mais, vu que ceux qui ont les manettes de ce service confondent sa mission régalienne pour enfin régler des comptes  personnels à nombre des Tchadiens qui, par leurs actes ou opinions ont voulu contribuer au débat démocratique, il est à regarder par deux fois ces nominations politiques. En tout cas, que l’on ne soit pas surpris qu’un jour, l’Ans soit gérée exclusivement par un clan.

 

Ngaryanan Nadjiro Altesse

Enseignement supérieur

Mackaye, persona no grata dans les facs

Depuis que Mackaye Hassane Taïsso est monté au poste de ministre de l’Enseignement supérieur, un climat malsain est créé au sein des facultés de nos universités. Division des étudiants, nominations fantaisistes, confusions des facultés à un sanatorium, etc. Comme s’il fallait s’y attendre, le  paléontologue vient de subir une humiliation le 25 février 2017 au campus de Toukra devant son homologue sénégalais. Qu’attend-il pour démissionner ?

Armel Allarambaye

S’il y a une personne qui a marqué l’actualité honteusement la semaine dernière, c’est bel et bien le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation, Pr. Mackaye Hassane Taisso. Cet originaire de la région du Guéra s’est déguisé en un videur des boîtes de nuit en diligentant une visite inopinée avec son homologue Sénégalais Pr. Mary Teuw Niane au campus de Toukra le samedi 26 février 2017 à l’occasion du Salon de l’Etudiant. Pourtant, les étudiants digéraient mal leurs conditions d’études en donnant un moratoire qui devait expirer le 27 du même mois ainsi que leur non implication dans l’organisation du Salon international des étudiants qui s’est tenu du 23 au 25 février de cette année. Si vite, le diable s’y est mêlé. Les étudiants dans un courroux fatal déclenchent leur missile et la visite s’est aussitôt transformée en un affront entre le ministre gangster Mackaye Hassane Taïsso et les étudiants. Selon le président national de l’Union nationale des étudiants Tchadiens, Guelem Richard, le bilan des dégâts après intervention des éléments du Groupe mobile d’intervention de la police(Gmip) fait état de 65 étudiants arrêtés, la V8 du ministre hors d’usage, les vitres des amphithéâtres brisées.

 

En effet, au sein des facultés de l’Université de N’Djaména, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation est considéré comme un virus ou encore le démon très dangereux qui, lorsqu’il te hante t’emporte jusqu’à la mort. Bien évidemment que plus le virus Vih/ Sida, Mackaye apparaît clairement dans les amphithéâtres comme le virus HN1, comprenez virus de la grippe aviaire. L’affront terrible de ce samedi 25 février 2017 montre combien Mackaye est persona non grata de nos universités. Déjà refoulé honteusement en 2014 à la faculté des sciences exactes et appliquées de Farcha(Fsea) parce que l’homme aurait fait ingérence dans les conciliabules recteur-étudiants pour l’équipement des laboratoires, le théâtre a débouché à des cas de blessures et des arrestations confondant les facultés à un sanatorium. Aussi que le paléontologue à la calvitie, sans commune mesure, n’a pas exigé au comité d’organisation du récent Salon international des étudiants l’implication des apprenants de nos universités, instituts, écoles supérieures tchadiens publics. En réponse, il a reçu une douche froide à l’ouverture de cette cérémonie en présence du chef de l’Etat. Deby doit comprendre que ce type est un serpent venimeux pour sa politique. Lui qui a placé la jeunesse dans sa vision de faire du Tchad un pays émergent. Difficile de se rendre à l’évidence que depuis 2012 que Mackaye Hassane Taïsso est parachuté à la tête de ce département ministériel, rien ne va....La suite dans le journal N°42 dans les kiosques{jcomments on}

Unds

L’Unds demande la dissolution du Cndp

 Le Secrétaire national du parti Union nationale pour la démocratie et le socialisme (Unds), Ngarial Won-goto Modeste a animé une conférence de presse le 3 mars dernier, dans les locaux de la radio arc-en-ciel, sis au quartier Chagoua. Les échanges avec les journalistes au cours de cette sortie médiatique ont porté sur la situation socio-économique et politique du pays. L’objectif de cette conférence est de rappeler à l’opinion nationale et internationale, sur la situation critique que vivent les Tchadiens. Les prolongations abusives du mandat des députés, les fausses accusations à l’égard de certains chefs de partis politiques, la poursuite des journalistes, le retrait de l’Unds du mouvement de l’éveil citoyen (Meci), l’échec du salon des étudiants, la dissolution du cadre national de dialogue politique (Cndp) et la cherté de vie, ont fait l’objet des échanges. Pour le secrétaire national de l’Unds, Ngarial Won-goto Modeste, par ailleurs rapporteur général de la Coalition de l’opposition politique pour le redressement et l’alternance au Tchad (Coprat), le Cndp doit être dissout et que la loi de finance 2017 doit être revue dans un bref délai. « Les  sociétés de téléphonies qui prélèvent 18% sur chaque appel, cela est une arnaque », a-t-il conclu.

Ziller Djerambété{jcomments on}

Environnement

Sos Sahel dresse le bilan de ses activités{jcomments on}

C’est à travers un atelier animé le 2 mars dernier au centre d’étude de formation pour le développement (Cefod), que l’association Sos sahel international Tchad et son partenaire l’agence française de développement (Afd), ont présenté le bilan de leurs activités.  Cet atelier entre dans le cadre du projet de renforcement des capacités commerciales des acteurs de la filière gomme arabique du Tchad, ‘’Soumoukhna’’.

Les conférenciers ont dressé le bilan de l’année en cours, des objectifs fixés et des résultats en perspectives. Ouvrant l’atelier, le vice-président de Sos sahel international Tchad, Gueret Dama a déclaré que, « la présence massive des groupements montre le dynamisme et l’efficacité de notre engagement. Je félicite le projet Soumoukhna et je demande à l’équipe de redoubler d’efforts face aux défis et difficultés. Je remercie notre partenaire l’Afd ». Le projet est subventionné à une hauteur de 918.000.000 Fcfa, par l’Afd pour une durée de 3 ans. En terme de réalisation, au cours du projet, il y a eu des ateliers de formation des producteurs sur le terrain, dans 7 zones pilotes du Guéra, des sensibilisations contre le feu de brousse, l’octroi des kits agricoles, des plans d’élaboration d’affaires, des contrats de commercialisation, ainsi que les conventions de financement avec l’Afd. Cette 4ème réunion du comité consultatif, a permis aux participants de connaitre la difficulté majeure du bon déroulement du projet, qui est  l’inaccessibilité des routes.

Faut-il rappeler que le projet Soumoukhna a été une réussite parce que le fruit de leurs efforts montre que les productions et groupement s’intéressent plus, à la filière gomme arabique. En perspective, Sos Sahel grâce à l’appui technique et financier de son partenaire Afd, compte pérenniser les acquis du projet et mettre en place des mécanismes de suivi de renforcement et de collaboration.

 

Ziller Djerambété

Forum des femmes entrepreneurs du Tchad 1ère édition{jcomments on}

 

C’est sous le thème « Entreprenariat des femmes pour une économie concurrentielle

au Tchad », que l’Organisation Nirvana pour la promotion de la femme et de la jeunesse Africaine a tenu a organisé la 1ère édition du forum des femmes entrepreneurs du Tchad (Fofet) du 23 au 25 mars 2017 à la Maison de la Femme à N’Djaména avec l’appui des partenaires. C’est à travers un point présenté  le 4 mars que l’annonce a été faite. Selon les initiateurs, l’objectif  de ce forum est de créer une plateforme innovatrice de formation, de sensibilisation, réseautage, d’échanges et de présentation des opportunités d’affaires disponibles au niveau national et international. Pour  la présidente du comité d’organisation dudit forum Mme Djibrine Souleymane Amalkher, ce forum est une occasion pour la femme entrepreneur Tchadienne de renforcer ses  capacités. « Il s’agira de susciter des réflexions et des échanges en vue d’instaurer un débat public entre les représentants et les groupes d’acteurs pour déterminer les voies et moyens à mettre en œuvre à court terme et moyen terme susceptibles de renforcer les résiliences des femmes pour promouvoir l’entreprenariat féminine pour le développement durable », a-t-elle souligné.

Abdoulaye Mbata Nder

Mahamat Allahou Taher, président du parti RDP

« Notre priorité est de mettre une structure nouvelle »

Après la 6ème convention du parti RDP, Allahou Taher succède à  Lol Mahamat Choua afin de défendre les idéaux du parti. Le nouveau président du Rdp se dit conscient de la lourde tâche qui l’attend. Dans cet entretien accordé à Le Visionnaire, il dévoile ses stratégies pour faire rayonner sa formation politique.

Calme, serein et surtout proche de tous, Mahamat Allahou Tahir, 59 ans est un  membre fondateur du parti le Rassemblement pour la démocratie et le progrès. Il était là, ce 29 décembre 1991, lorsque Lol Mahamat Choua, en compagnie d’autres, décidèrent de fonder un parti politique pour la conquête du pouvoir. Depuis la création du parti, il n’a pas quitté l’instance dirigeante du RDP, occupant plusieurs responsabilité, entre autres, Sécretaire exécutif adjoint, secrétaire chargé de la communication, porte parole du parti. Troisième personnalité du parti, Mahamat Allahou Taher est l’homme de confiance de Lol Mahamat Choua, aujourd’hui, fatigué par la maladie, qui le rend incapable de diriger les affaires du parti. Et c’est unanimement, que les militants du parti ont porté leur choix sur lui lors de la 6ème Convention tenue du 27 au 29 janvier pour succéder à celui qu’il a longtemps porté son sac. Elu président du parti, Mahamat Allahou Tahir, par ailleurs ministre des Postes et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication n’a pas caché sa satisfaction, et fixe dans l’entretien qui suit ses objectifs. Découvrez !

 

Le Visionnaire. A la dernière Convention, les militants du  Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès ont fait de vous le nouveau président de ce parti. Comment aviez-vous accueilli votre désignation ?

Mahamat Allahou Tahir. Avant tout propos, je voudrais vous féliciter pour le travail que vous faites au quotidien pour informer vos lecteurs et vous remercier de l’opportunité que vous m’accordez pour parler de notre grand parti rassembleur, le RDP. Evidemment, à la 6ème Convention de notre parti tenue du 27 au 29 janvier 2017 au palais du 15 janvier, j’ai été porté par les militants, à la tête du RDP. Ce fut un grand moment, je dirai un tournant important pour ce parti qui a cheminé depuis 25 ans, et qui a marqué la scène politique de notre pays avec à sa tête, le président Lol Mahamat Choua. J’ai accueilli avec satisfaction  mon élection à la tête du parti. Cette confiance placée en moi, est une très lourde responsabilité. Succéder au président Lol Mahamat Choua n’est pas une chose simple.  C’est un monument de la vie politique. Il a incarné le parti.

 

Justement, vous succédez à Lol Mahamat Choua, un légendaire homme politique du Tchad. Quelle image gardez-vous de cet homme qui vous cède son fauteuil ?

C’est un homme sans pareil. Un homme qui aime la droiture, l’honnêteté et l’intégrité. C’est une personne qui cultive la paix et s’oppose à la violence sous toutes ses formes. Toujours prêt à régler les problèmes par le dialogue, il est doté d’un sens élevé d’écoute. Ça fait plus de 20 ans que je suis à ses côtés, et j’ai appris de lui, tant de choses. Plus qu’un père, il est un guide qui sait conduire ceux qui le suivent. Lol est un homme de conviction, un homme de grand courage politique, et est doté d’une grande sagesse dans la conduite à la fois des hommes et du parti. Et, c’est ce qui a permis au RDP d’enregistrer les succès que vous connaissez. Voilà pourquoi, le président Lol Mahamat Choua restera à jamais dans la mémoire des militants du RDP, mais aussi dans la mémoire de tous les Tchadiens.  Et pour pérenniser sa présence parmi nous malgré sa maladie, les militants lui ont décerné lors de la dernière convention, le titre du Président d’Honneur. Il a certes quitté la tête du parti, mais il est toujours parmi nous.

 

Elu deuxième président du parti, quelles sont vos priorités?

D’abord mettre en place une structure nouvelle, notamment le bureau exécutif et les comités directeurs de façon à ce que nous ayons une structure de travail efficace. C’est un congrès qui a été placé sous le thème « Un nouvel élan pour un rassemblement plus fort ». Donc, cela signifie qu’il faut unir et rassembler plus que par le passé, faire en sorte que la jeunesse de notre parti joue pleinement son rôle, faire entendre la voix du parti au plus haut niveau et qu’il soit visible sur la scène politique nationale plus que par le passé. Nous avons des problèmes de communication au sein de la structure du parti, de la question de fonctionnement, tout cela fera partie de nos priorités. Et, dès le début nous prendrons à bras-le-corps les reformes, en vue d’arriver au fonctionnement optimal de la structure de notre parti.  Tous les militants seront conviés à participer à la mobilisation et à la marche de ce parti.

 

En dehors de votre désignation, quelles sont les grandes orientations assorties de ce congrès ?

Eh bien ! La 6ème Convention a émis un certain nombre de résolutions et recommandations qui touchent à la politique intérieure et extérieure, économique et financière, les questions de ressources du parti, comment générer et comment gérer ces ressources. Il y avait beaucoup de résolutions qui permettent de situer la marche du parti dans les quatre ans à venir. Il y a une résolution qui concerne la jeunesse et qui doit être suivie et appliquée au sérieux, afin que le RDP brille dans ses projets.

 

Dans de nombreux partis politiques l’alternance est très difficile. Comment entendez-vous faire pour que le cas du RDP fasse école au Tchad ?

Le président Lol Mahamat Choua ne s’accrochait pas à un poste quelconque. Déjà en 2012, lors de la 5ème convention, il souhaitait passer la main. Mais, a dû renoncer par ce que nous lui avons demandé de rester pour mieux préparer la relève. Aujourd’hui, l’alternance est devenue une réalité au sein du RDP. Et pour éviter qu’à l’avenir, une seule personne ne puisse s’accrocher à la tête du parti, la 6ème Convention a amendé  les textes de bases révisés, qui prévoient pour le président du parti, un mandat de quatre ans, renouvelable une seule fois. La limitation de mandats est une réalité au RDP. Et nous espérons que l’alternance à la tête du parti RDP fera école au Tchad. Ce qu’il faut comprendre, l’alternance ne signifie pas la rupture, mais la continuité dans la lutte avec des nouveaux hommes et des nouvelles idées, mais dans le strict respect de nos textes. Le président Lol n’est pas quelqu’un qu’on peut remplacer. Nous ne faisons que poursuivre son œuvre. Si à la 6ème convention il y a eu changement c’est de la volonté de Lol qui se sent de plus en plus faible et qui a voulu favoriser l’alternance.

 

Un dernier mot

Le combat du RDP est un combat national. En 25 ans, nous avons conservé le même programme politique, les mêmes idéaux et les mêmes objectifs. Nous sommes alliés au parti MPS (Mouvement Patriotique du Salut)  depuis lustre des temps.  Cette alliance a permis de consolider la démocratie et de stabiliser notre pays. Malheureusement, la situation économique actuelle est délétère, et nous appelons le gouvernement et les syndicats à dialoguer pour trouver des solutions à cette crise que nous estimons passagère. Nous appelons le gouvernement à améliorer la gouvernance de ce pays. Aux militants, resserrez les rangs pour le triomphe des idéaux du parti. Le RDP est implanté dans presque toutes les régions du Tchad, avec un plus grand nombre de militants. Nous ferons de notre mieux, pour que les quatre années de notre mandat soient bénéfiques pour tout le monde.

Entretien mené par Allahondoum Juda

Amdjarass

Visage par deux{jcomments on}

A la faveur de la mise en œuvre de la loi liée aux collectivités territoriales décentralisées, Amdjarass est érigée en chef-lieu de département de l’Ennedi-Est. Dans le constat, rien ne montre plus que jamais la sensibilité réponde aux exigences. Et la réflexion s’impose.

Rien n’aurait emporté la pensée de l’Homme à dire qu’Amdjarass, capitale de la région de l’Ennedi-Est est la ville présidentielle. Deby, le sultan en a fait pour tout ce qu’il voulait. Parce qu’il estimait que c’est sa terre natale sans comprendre qu’il en est rien. Bâtiments construits en matériaux durables, des rues nivelées comme il fallait faire à la version Kadhafi en Syrte. Mais n’a-t-on pas vu quand le vent du mouvement du départ in extrémiste devait souffler emportant le père du livre vert. La traversée des steppes, dépassant la savane, l’on constate très rapidement que c’est la ville promise dont il est question. Même si ancienne l’on parlera d’une mangrove, au regard des explications des hommes instruits.

Les brumes couvraient le ciel. Le gros visage de cette ville des grosses villas luxueuses. Des rues bien revêtues de bitumes à la faveur d’une urbanisation pointue.  La construction de ces routes urbaines, selon certaines autorités est l’œuvre de l’entreprise HBC. Démographiquement parlant, la région de l’Ennedi-Est est habitée par quelques 80.000 âmes. Dans ces enviables bâtiments, l’on retrouve pour la plupart des cas la petite famille du vigile. « Les propriétaires de ces maisons sont tous à N’Djaména. L’éclosion vertigineuse de cette ville est liée à la politique du chef de l’Etat voulant attirer d’autres communautés à s’y rendre », nous explique un autochtone. Un contraste que l’on ne peut comprendre. Car, en matière d’apport économique pour le Tchad, il y a des villes qui sont des grandes sources de revenus pour le pays. Bongor, Bol, etc. sont des véritables centres d’affaires mais qui se voient dans une urbanisation plus qu’anarchique. L’on n’y voit même pas 1km de voies bitumées. Pourtant Amdjarass est même dotée d’un aéroport répondant aux normes internationales avec plus de 15 km de routes bitumées. C’est très directement à dire que la modernisation de cette contrée présidentielle est plus qu’inégalitaire et sort de nulle part. D’après nos informations, si Amdjarass est moins habitée contrairement à d’autres chefs-lieux des régions, tout est lié aux mythes ancestraux. « Ici, ce sont les activités des humanitaires qui ont permis que certaines communautés s’installent. Plus ces activités liées à la prise en charge des réfugiés venus du Soudan par les Organisations non gouvernementales se réduisent, le nombre de population diminue », nous livre une habitante. Ces Ongs sont entre autres, Association pour le développement économique et sociale (Ades), Action contre la faim (Acf), Comité national d’accueil et de réinsertion des réfugiés (Cnarr) ou encore le Programme alimentaire mondial (Pam). Contrairement à d’autres villes où c’est un fort métissage culturel, la grande communauté de cette contrée du Tchad, n’est constituée que des Zaghawa.

Des contrastes vitaux au rendez-vous

Si vous envisagez passer du temps à Amdjarass, il vous faudra bien des dispositions pratiques. « En période de froid, c’est comme si on est en Russie. Parce qu’il fait extrêmement froid et la température peut baisser jusqu’à 100C. C’est aussi un contraste quand il commence par faire chaud », nous explique Mahamat Mahamoud. Pour se protéger contre le froid, les habitants sont contraints de se mouler dans des manteaux, s’enturbanner et même porter des cache-nez. La nuit tombée, il faut des couvertures d’extrême nature. Surtout qu’il se trouve que le vent souffle à grande vitesse avec des arbres rabougris ne pouvant le ralentir, la visibilité devient de plus en plus réduite au coucher du soleil. De tous ces contrastes connus d’une ville plus que particulière, certains habitants se sentent plus qu’à l’aise.

 

Armel Allarambaye