Editorial 48

Les prémices de la chute du régime  

C’est en cette période de canicule, où la température avoisine souvent les 50°C à l’ombre que les Tchadiens apprendront avec émoi et effroi, l’assassinat crapuleux des prisonniers et de leur geôlier en transfèrement vers la prison de haute sécurité de Koro Toro dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Douze personnes ont été froidement fusillées dans une opération qui serait planifiée, guidée et réalisée par les membres du clan au pouvoir qui d’ailleurs, avaient reconnu les faits à eux reprochés devant les magistrats arguant que c’est une vengeance. Vengeance de leur parent Adam Abdelkérim Touba de la force mixte Tchad-Soudan, froidement tué il y a quelques mois dans le nord du Tchad. L’assassin de leur défunt parent a été tué au cours de cette opération, ainsi que d’autres personnes accusées d’être les complices de sa tuerie dont on a pris le soin de les habiller en tenue militaire pour vite les identifier parmi les 93 prisonniers dans la fourgonnette en partance de Koro-Toro. Une barbarie sans précédent, survenue à quelques kilomètres à la sortie nord de la capitale et qui remet à nouveau sur la table la question de l’autorité de l’Etat dans notre pays.

Point question de se faire des illusions sur l’acte sauvage ayant créé une grande indignation au sein de la population, commis par les personnes qui ont certainement, utilisé les armes et munitions de l’Etat pour satisfaire leurs pulsions macabres. S’ils ont ainsi agi, c’est parce qu’ils sont au dessus de la loi et de tous les autres Tchadiens, et savent pertinemment qu’après leurs forfaits, rien, ABSOLUMENT RIEN ne les arrivera. Comme à l’accoutumée, la parodie de justice sera servie au peuple Tchadien et à l’opinion internationale. On les condamnera à des peines d’emprisonnement qu’ils ne subiront...PRATIQUEMENT PAS. La suite, on la connait. Ils seront exfiltré de la prison pour faire du tourisme dans les plus belles citées de la planète, et reviendront quelques temps après pointer leurs doigts sur la gâchette loin de la capitale. La justice n’existe que pour les Tchadiens de la basse classe qui, malheur à eux, arrivent à commettre un crime sous ce ciel où tout semble rouler que pour ceux qui sont au pouvoir.

Mais dans tous çà, c’est la question de la préservation de l’unité nationale, fortement écorchée qui nous intéresse. Comment pouvons-nous bâtir ce Tchad que nous voulons UN et INDIVISIBLE si des actes relevant d’une telle sauvagerie, doivent se perpétuer ? Comment vivre dans la paix malgré nos différences ethniques ou religieuses, si un groupe doit toujours se considérer comme étant au-dessus des autres ? Est-il possible de bâtir ce Tchad que nous voulons, un havre de paix avec cette épopée de la barbarie, constatée ces derniers temps? A mon avis non. Impossible dans ces conditions de faire du Tchad de plus de 120 ethnies, chacune avec ses us et coutumes, une nation où il fera bon vivre. Il est aberrant de croire que le pays se construira dans cet état où un clan donné, à cause du privilège qu’offre le pouvoir à l’un de ses fils, veut imposer ses traditions à l’ensemble du peuple. Il est inadmissible que ce groupe se fasse toujours justice, par la vendetta lorsque le sang d’un des leurs est versé pour une raison où une autre, alors qu’il existe la justice. Et si chaque clan au Tchad en faisant autant, comment sera ce pays? Imaginez !

Cependant, le peuple Tchadien exaspéré et indigné de telles horreurs ne doit pas perdre courage et espoir, car ces moments enflés d’orgueil et d’abominations, dont se rendent coupables certains proches du chef de l’Etat, annoncent inévitablement la chute du régime. Ajouté à cette épopée de la barbarie, la crise économique et politique, il faut croire que le changement est à nos portes.  Cette épopée de la barbarie qui est la conséquence directe de l’ivresse du pouvoir, conduira...à la chute. Interrogerons l’histoire sur la fin des régimes asservissants et ouvrons les yeux !

Shalom !