Editorial

 

Nous sommes visionnaires


 

« Celui  qui navigue  au  gré  du  vent  a  le  destin  d’une  feuille  morte »,  dit-on.  Ce  postulat est  plus  un  nouméa  qu’une  simple  vue  de  l’esprit  dans  un  monde très  compétitif  et  très  évolutif. C’est  un  secret  de  la  Palice  que  de  faire  remarquer  que  la  marche  du  monde  laisse  actuellement  peu  de  places  à  ceux  qui sont  incapables  de  prospection. C’est  pourtant ce  qu’on  reproche  légitimement  aux  leaders  politiques  africains  qui, depuis  l’aube  des  indépendances  ont  entrainé  leurs  peuples  dans  des  dédales  qui  ne  mènent  guère  à  des  destinations  sûres. Il parait  même  absurde  de  parler  de  gouvernance  pour  certains  leaders  tant,  la  gestion  de  la  chose  publique  économique  politique  et  sociale  est  très  hasardeuse.

Gouverner  c’est  prévoir. Au  plan  économique  pour  commencer. Les  dirigeants  africains  dans  leur  écrasante  majorité,  miroitent  la  générosité  des  institutions  de  Breton  Wood pour  prétendre  à  des  modèles  de développement  économiques  manifestement  inadaptés  aux  réalités  et  aux  défis  présents  et  futurs. Alors  que  depuis  l’aube  des  années  90,  les  signaux  des  changements  climatiques  étaient  bien  tangibles  et  commandaient  par  conséquent  des  modèles  de  développement  économique.  Aveuglés  et  écumant  dans  la  léthargie d’anticipation, les  dirigeants  africains, se  sont  honteusement  rués  sur  le  programme  d’ajustement  structurel (PAS)   qui  n’était  que  la  sève  nourricière  de  l’économie  capitalistique  sauvage.  Ce  modèle  s’est  révélé  très  vite  dépassé  et  a  été  combattu par  le  peuple  africain  enclin  à  la  paupérisation. Pour  obvier, les  institutions  de  Breton Wood  importèrent  la  stratégie  de  lutte  contre  la  pauvreté,  juste  pour  soulager  psychologiquement  les  traines  savates  et  faire  boire  aux  délices  de  la  démagogie  servie  par  les  caciques  et  certains  empereurs  baroques. Pendant  ce  temps, la  rareté  des  pluies  s’intensifie, l’ingratitude  de  la  terre  déverse  des  millions  de  paysans  dans  les  villes  ou  hors  des  frontières :  bonjour  l’exode  rurale  et  l’immigration  massives. Et  on  est  surpris  du  développement  anarchique  des  soi  disant  grandes  villes en  manque  de  schéma  directeur  qui  prenne  en  compte  des  projections  sur  plusieurs  décennie. On  ne  finira  point  d’égrener  notre  chapelet  des  problèmes  dus au  manque  de  vision  économique. Il  faudra  toute  une  encyclopédie.

 Sur  le  plan  social, la  non  maîtrise de la  projection  démographique entraine  la  mauvaise  répartition  des  dividendes  de  la  croissance  et rend  fébrile  les  actions  orientées  vers  les  services  sociaux  de  base  et  l’épanouissement  de  la  cellule  familiale  qui  est  la  base  de  la  société. Sur  le  plan  politique,  les  institutions  sont  toujours  importées  de  sortes  qu’elles  se  trouvent  le  plus  souvent  inadaptées  ou  sont  très  vite sources  de  véritables  problèmes  de  gouvernance.  Les  maux  supra  diagnostiqués  n’ont  qu’une  seule  cause :  le  virus  du  manque  de  vision.  Mais  qui  dénoncera  cet  état  de  fait ? Qui fera  grand  écho  au  problème ? Pas  Sarkozy, même  si  sur  un  point  il  avait  raison, reconnaissons-le. En effet, lors  de  son  discours  à  Dakar, le  président  français  a  laissé  entendre,  entre  autres, que  nos  paysans  en  plusieurs  siècles  de  civilisation  continuaient  d’utiliser  la  daba.  Entre  nous, cette  réalité  ne  crève-t-elle  pas  les  yeux ? Pire, les  paysans  sont  encore  contraints  de  croiser  les  bras et  se  soumettre  aux  dures caprices  de  la  pluviométrie  qui  d’année  en  année  réduit  son  séjour. Etait-on  condamné  à  ne  pas  pouvoir  anticiper ? Bref,   qui se  dressera  sur  la  sentinelle  pour  appeler  à  une  prise  de  conscience  de  la  nécessité  d’avoir  de  la  vision  en  ce  millénaire  où  les  pratiques  médiévales  fondées  sur  la  providence  n’ont  plus  de  succès ?

C’est  pour  dresser  cette  tribune  légitime  d’interpellation  et  de  critiques, que  tu   découvres  dans  ton  kiosque  à  journaux, ce  matin,  Le  Visionnaire. Un journal qui informe et  formule  des    critiques. « Il  convient  souvent  d’allumer  la  tension  dans l’esprit  des  gens  pour  les  faire  accéder  à  un  certain  niveau  de  prise  de  conscience », soutenait  Socrate. Maintenant, dans  l’ambiance  tonitruantes  de  la  belle  ville  de  N’Djamena  en  proie  à  des  embouteillages, Le Visionnaire  fait  le  silence, s’arrête  au  milieu  des  courses  sous  les  « hélerements » errements  et  se   demande  où  allons  nous ? C’est  Le  visionnaire  qui  t’offre  la  boussole  pour  tes  repères. En jouant ce rôle combien noble, Le Visionnaire ne saurait se classer ni à gauche, ni à droite. Autrement dit, il n’est pas un journal de l’opposition ou de la mouvance au pouvoir. Mais un journal des gens comme vous et moi, un tabloïd qui recherche la vérité et se met au service du peuple pour contribuer, à sa manière,  à l’enracinement de la démocratie instaurée  dans notre pays depuis 26 ans. Pour nous, un journalisme sans vision, reste une épine au pied de la démocratie.

Ensemble  avec  notre  baluchon  pleine  de  repères,  visons  et  envisageons   l’horizon  avec  plus  de  vision,  conformément  au  premier  commandement  du  millénaire.

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La miss Tchad lance son projet


 

Trois mois après sa consécration comme la plus belle fille Tchadienne, Mlle  Léloum Sylviane a lancé officiellement ses activités sociales lors d’un déjeuner de presse le 19 mars 2016 à l’hôtel Novotel, en présence de son partenaire Airtel Tchad.

« Zéro mariage des enfants », c’est l’objectif visé par la miss Tchad. Dans la présentation de son projet, Mlle Leloum Sylviane a fait comprendre qu’une étude menée dans 41 pays du monde révèle que le Tchad occupe  le 28ème rang par rapport au mariage des enfants. Raison pour laquelle, elle avait formulé son projet de combattre ce qu’il convient d’appeler fléau dans la société tchadienne. Pour la miss Tchad, les causes du mariage des enfants   se résument  dans la pauvreté, les pesanteurs socioculturelles, la religion et le manque d’accès à l’éducation. A cet effet, elle souligne que, durant son mandat, elle s’attèlera  à encourager les parents, à envoyer massivement leurs filles à l’école, et les soutenir à pousser aussi loin dans les études. Ce qui permettra de limiter, un tant soit peu, le phénomène.

Pour l’ambassadrice de la beauté Tchadienne, le mariage des enfants a des conséquences très préjudiciables sur les filles et la société en général, car, c’est une question de santé publique. Parmi les conséquences de ce mariage, Leloum Sylvianne cite la fistule obstétricale, le traumatisme psychologique, la mortalité maternelle et néonatale et la contamination au VIH Sida.

Pour mettre fin à cette tragédie, la miss Tchad plaide la vulgarisation de la loi 029/PR/15 du 21 juillet 2015 portant interdiction du mariage d’enfants au Tchad et bien d’autres instruments juridiques de la protection de l’enfant. Elle entend aussi sensibiliser les leaders religieux pour la promotion des normes  sociales positives.

La miss envisage faire  des plaidoyers dans les zones où le mariage des enfants est de plus en plus récurrent  à savoir le Mandoul, le Ouaddaï et la Tandjilé. Pendant ses activités elle accordera une attention particulière aux filles atteintes de fistules. La représentante du Logone occidental s’engage à livrer une lutte sans merci pour restaurer la dignité de la jeune fille pour que le mariage soit consenti.

Oscar Djinan

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Soutien de Yesko à Déby


 

‘‘Oubliez l’histoire de sa fille’’

On le voyait venir. Le candidat Yesko pouvait rallier le Mps depuis. Peut-être avant même que le Conseil constitutionnel ne valide sa candidature.  Mais, le viol de sa fille par les fils des dignitaires de ce régime a retardé la montre. Finalement, Yesko a lâché le chrono la veille de la fin de la campagne électorale en se retirant de la course présidentielle.

On pourrait comprendre aisément à travers l’acte de Mahamat Yesko, que sous les neems de N’Djaména, toute initiative ne vise que le ventre. Rien que cela. La plupart des hommes politiques au Tchad, manquant de visions pour le peuple, n’ont d’idées que pour leurs panses. Et Mahamat Yesko n’est pas passé outre pour dire aux Tchadiens et à la communauté internationale, qui se sont indignés du viol de sa fille par les fils des dignitaires du régime que sa fille n’a aucune valeur pour lui. Tout ce qui compte pour cet ex combattant des FAN (Forces armées du nord), ce sont les miettes des marchés qu’il peut engranger auprès de Déby en sa qualité d’opérateur économique. Ou encore, un poste dans le gouvernement qui pourra lui permettre d’épouser d’autres femmes, qui à leur tour, pourront lui donner d’autres belles filles, potentielles victimes de viol.

Peu importe. Puisque lui-même lors d’une émission pendant la période de campagne électorale à Etv, avait déclaré qu’il n’accorde pas d’importance à la femme. Comment voulez-vous que quelqu’un de sa trempe, puisse considérer l’intimité de sa fille ? Pour Yesko, la femme est faite pour la cuisine et la procréation. Rien que cela. En ce qui concerne sa fille, avant que l’affaire ne soit portée au grand jour, Yesko aurait reçu des billets verts des parents des violeurs pour que l’affaire soit étouffée, apprend-on de son entourage. Mais, si l’histoire est apparue au grand jour, c’est grâce à son frère Brahim Yesko, père adoptif de Zouhoura qui vit en France. Qu’à cela ne tienne, Yesko, aurait dû se taire. Juste pour l’amour de sa fille. Et celle de nombreux Tchadiens qui se sont indignés de l’acte commis par les fils des dignitaires du régime. Mais, l’homme a preféré son ventre, et les 10 millions qu’il a mis en jeu pour cette présidentielle, surtout qu’il sait pertinemment qu’il ne pourrait recueillir même pas 1% des voix des Tchadiens. Le ventre quand tu nous tiens!

MIC

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Dans le Mandoul


 

Voici les fausses notes de Ngarmbatnan Sou IV

Alors que la question de fraudes est décriée par bien d’acteurs intervenant dans le processus électoral dans notre pays, c’est au jour même du vote du 10 avril dernier que certains sbires du candidat de l’Alliance achètent les cartes d’électeurs avec les détenteurs.

La question de l’achat des cartes d’électeurs par certains acteurs de mauvaise foi, on en avait évoquée dans notre livraison n°04 du mardi 5 avril 2016. Rien n’est entré dans les oreilles de ces gens qui refutent toute accusation de fraude dont ils se seraient illustrés. En effet, d’après nos sources provinciales, certaines personnalités proches du Mouvement patriotique du salut se sont lancées dans ce sport qui ne les honore en rien. C’est le cas de Ngarmbatnan Carmelle Sou IV, ministre de l’Action sociale qui, à la veille des élections, a installé son état-major pour le besoin de la cause, dans son département, précisément à Bedjondo localité où  le candidat Joseph Djimrangar Dadnadji règne en maître. Cette autorité préférant jouer à l’invisible a mis à la manœuvre Myengar samadingar, ex sous-préfet de Bebo Pen. Ce mercenaire aurait ciblé exclusivement les femmes et achètent chaque carte d’électeur à quinze mille francs (15000Fcfa), informent les sources locales. Le fait n’est pas resté dans le secret de Dieu. Et, c’est le 10 avril alors qu’il sillonnait les bureaux de vote de cette localité pour mener son forfait, que les militants de l’opposition l’ont démasqué. Courroucés par cet acte, ils allaient le passer à tabac, nous informe-t-on. Sous pression, l’homme ne tarde pas à avouer les faits et à préciser les noms de ceux qui l’ont engagé.  Tellement la situation allait prendre une tournure inquiétante, il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour calmer les esprits. Dans de telles situations électorales toutes les manœuvres sont bonnes pour atteindre ses objectifs. Pourtant, les caciques du Mouvement patriotique du salut et leurs alliés se disaient être sûrs de gagner haut les mains ce scrutin. Alors, à quoi bon de jouer au truquage ? A Ngarmbatnan Sou IV Carmelle de répondre.

Par Djasrabé Ndingamndôh

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Grève à l’Enass


 

Bras de fer entre les élèves et les autorités de tutelle

Depuis huit mois, rien ne va à l’Ecole  Nationale des Agents  Sanitaires et Sociaux (Enass) et les Ecoles régionales de santé (Eras). Les élèves et les autorités de tutelle ne parlent pas le même langage. A l’origine, l’instauration de l’examen unique.

Si dans les différents campus universitaires du pays c’est la revendication de bourse d’études et les conditions d’études qui occasionnent les grèves répétitives, à l’Ecole nationale des agents sociaux et sanitaire, c’est le virus de l’organisation d’examen unique qui  sévit. Et c’est depuis l’année académique 2014-2015 et celle en cours que le démon a hanté les autorités de cet établissement d’Etat. En effet, d’après l’arrêté ministériel n°067 du 2 mars 2016, désormais les élèves des institutions publiques et privées de N’Djaména qui suivent des formations des agents sanitaires et sociaux sont appelés à passer un examen unique de fin de formation. Idem pour celles des provinces. C’est alors que survient la guéguerre entre les autorités et les étudiants. Selon les élèves des écoles publiques de santé, il n’est pas question pour eux de passer cet examen mais plutôt, ce sont leurs condisciples des institutions privées qui doivent être soumis à cet examen. Négociation après négociation, les conciliabules ont accouché d’une souris. Entre temps, le ministre en charge du département de la santé maintient sa position.

Lors d’une audience accordée le 7 mars dernier aux membres du comité de crise mis en place par les élèves, le ministre de la Santé publique est resté sur sa position. Selon Djerané Enock, l’un des membres du comité, trois jours après l’audience, c’est-à-dire le 10 mars dernier, un brutal communiqué officiel signé par Dr Hamid Djabar, président de la commission nationale de l’examen unique de certification des écoles de santé, convoque tous les élèves en fin de formation dans les écoles de santé publique à composer cet examen. Ce, avec un calendrier bien établi sans qu’un modus opératoire ne soit trouvé entre les deux parties. Le communiqué stipule que la clôture de dépôt des dossiers est fixée au 28 mars 2016 à 12h et les examens se dérouleront les 25, 26 et 27 avril dans les centres de Abéché, Biltine, Moundou N’Djamena et Sarh. Aussi, précisent les élèves,  même les anciens diplômés des écoles publiques et privées en instance d’intégration sont concernés.

Le communiqué envenime la situation.

Au cours d’un point de presse fait par le comité, les élèves des écoles publiques refusent de déposer leurs dossiers et lancent un ultimatum aux autorités. «  Un délai d’une semaine à partir du 28 mars 2016. Passé ce délai nous organiserons des sit-in dès le 7 avril à l’Enass, au ministère de la Santé publique et au ministère de l’Action sociale et de la famille. Pour les écoles régionales c’est au niveau des écoles et les délégations sanitaires», a souligné Mme Neloum Bertine porte-parole  du comité de crise des élèves. Selon les membres de ce comité de crise  Djerané Enock cette imposition foule allègrement au pied les textes géniteurs de l’Enass.  En date du 7 avril le sit-in a eu lieu au ministère de la Santé. Les élèves trempés dans leurs blouses ont envahi la cour du ministère  entonnant l’hymne national dès 6h du matin. Les élèves se sont retirés eux mêmes après avoir passé plus de 2 heures au ministère. Ceux des provinces ont envahi les délégations sanitaires sans être brutalisé par les forces de l’ordre avant de se retirer.

Et si chaque camp campe sur sa position, la sortie de l’auberge n’est pas pour demain.

 

Oscar Djinan