Chambre nationale des huissiers

Grand corps malade

Alors que les textes régissant l’exercice de la profession d’Huissier de justice disposent qu’il faut au maximum deux ans de stage dans un cabinet pour prêter le serment d’huissier de justice titulaire de charges, la réalité sur le terrain en dit autre chose. Le bureau de chambre aussi n’est jusqu’à là pas renouvelé. Pourquoi cette léthargie ?  

Armel Allarambaye

« Je suis stagiaire dans un cabinet d’huissier de justice depuis bientôt 3 ans. Je ne suis pas le seul dans cette situation. Mais, l’avis de la Chambre nationale des huissiers de justice du Tchad se fait attendre pour que le ministre de la Justice, Garde des sceaux prenne l’arrêté nous nommant Huissiers de justice titulaires des charges », se lamente un huissier de justice stagiaire du tribunal de Grande instance de N’Djaména. D’après les textes régissant le métier d’huissier de justice, après être déclaré clerc suite à la prestation de serment dans un cabinet, il faut 2 ans supplémentaires sanctionnés par une attestation. Aussi, informe-t-on dans ce milieu, le clerc émet la demande de prise d’arrêté par le ministre de tutelle après avis de la Chambre des huissiers. Cependant, le fonctionnement de la Chambre nationale des huissiers de justice du Tchad (CNHJT) laisse entrevoir la mauvaise foi des membres du bureau. D’après nos informations, sept clercs qui ont fait la demande sont jusqu’à preuve de contraire restés sur le quai. Pourtant il y a vacance de poste de titulaires de charges pour le compte de la ville de N’Djaména.

Pour Me Ignavourné Emmanuel l’article 50 régissant l’exercice de cette profession est clair et dit ceci : Les clercs sont des collaborateurs des huissiers de justice titulaires de charges. L’article 14 quant à lui, énonce « qu’après avoir subi avec succès 2 ans de stage sanctionnés par une attestation, les clercs peuvent être nommés huissiers de justice ». Ce qui courrouce le plus c’est qu’au niveau de la chambre, c’est un silence complice que l’on observe. Pour le président, Me Eldjimbaye Mbaihoudou Elysée, contacté pour sa version des faits, l’homme est resté atone. Ce qui est clair, dans une telle situation où des interrogations fusent de partout, il revient à lui et à lui seul d’apporter des clarifications sur tels ou tels points d’ombre. Alors ne comprend plus rien de ce refus catégorique de dire un mot sur cette gangrène qui malmène ce corps de profession. Ce silence expliquerait,  la mauvaise foi de Me Eldjimbaye que relèvent les clercs en instance de serment.

La Chambre qui fonctionne à tâtons

A bien voir les choses, il y a vacance de postes à deux niveaux. Un au niveau du nombre des huissiers pour la ville de N’Djaména et de deux au sein même du bureau de la Chambre nationale des huissiers de justice du Tchad. Pour le 1er cas, l’on informe que la capitale comptait 15 huissiers de justice titulaires des charges. Mais, pour l’instant, Me Koswe Menwa, froidement assassiné en 2012 et Me Kanoné, malade et évacué depuis quelques 2 ans ne prestent plus. Ce qui veut dire qu’il n’en reste que 14 charges. Tacitement, les demandes en instances devaient être passées au scanner et le plus vide possible. Surtout que N’Djaména évolue au jour le jour, le nombre de charges devaient être revu à la hausse. S’il faut bien voir les choses, le 1er, 8ème, 9ème et 10ème arrondissement pour la ville de N’Djaména ne disposent d’aucun cabinet d’huissier. Quoi de plus normal pour la chambre de donner au plus vite possible son avis pour combler le vide ?

Club d’amis

Il se susurre que la chambre est constituée d’un club d’amis où le président Me Eldjimbaye Mbaïhoudou Elysée, règnerait en maître. Et pourtant, la confirmation de ces sept clercs serait une solution pouvant réduire le taux de chômage. Car, l’ouverture des nouveaux cabinets, donnera lieu au recrutement d’un personnel. Mais, c’est au moment où le chef de l’Etat incite les jeunes à la vie libérale que certains citoyens, huissiers soient-ils foulent au pied ce sacro-saint principe.

En plus de cela, il y a d’autres dysfonctionnements dans ce corps. Des informations qui filtrent dans le milieu des huissiers, l’actuel bureau est élu pour 2 ans, depuis 2012 et, ce conformément aux textes. Ce qui naturellement veut dire qu’en 2014, l’on doit procéder à son renouvellement. Miracle divin, le même bureau que pilote Me Eldjimbaye Mbaihoudou Elysée fait son bonhomme de chemin tête baissée sans penser à l’application des textes qu’eux-mêmes ont conçu. D’ailleurs le bureau actuel ne se compose que d’un président, d’un secrétaire général adjoint en poste à Abéché, et d’un trésorier, qui sont membres permanents. Le secrétaire général, Me Ignavourné Emmanuel a jeté l’éponge pour sa part depuis 2012, à travers une missive envoyée au garde des sceaux. Qu’attend-on pour organiser les élections ?

 

 Ouverture des rues dans le 7ème arrondissement

Les travaux font plus de victimes

Depuis le 15 mai 2016, la mairie du 7ème élargit les rues dans les quartiers Ambatta, Boutalbagar et Atrone suite aux travaux d’urbanisation de la ville capitale en démolissant les maisons. Ces travaux ne sont pas sans conséquences.
Par Djasrabé Ndingamndôh  

Il est 9 heures, nous sommes  au quartier Ambatta dans le 7ème arrondissement de la ville. Caterpillar, agents municipaux, gardes nomades et autres techniciens du cadastre s’activent. C’est alors que des ménagères accourent de tout bord pour évacuer les meubles et autres mobiliers dans les concessions et chambres. Sans pitié, le bulldozer rafle les toitures des maisons.  Dans la foulée lance une victime « C’est de la  pire méchanceté, sinon cette démolition intervient à des fins politiques.  Comment peut-on comprendre qu’on nous demande d’évacuer de nos maisons à deux jours francs ? » A quelques mètres de là, une voix féminine surgit «  Est-ce que Déby commence à porter le manteau de Hissein Habré ou bien c’est la fin du monde qui s’annonce ainsi » ?

L’évolution de la ville exige l’urbanisation et nécessairement des nouvelles rues afin de permettre une bonne circulation. Mais, ce que vivent actuellement les populations des quartiers précités, relève d’un autre âge dira un fonctionnaire admis à la retraite. « Recadrer toute ruelle n’est pas vaine. Mais, il y manque bien des aspects techniques qui l’accompagnent telles des ruelles tracées et annulées, ruelles obliques qui s’observent de tout côté», observe ce fonctionnaire. Pour Gamlar Kérékou,  les agents du cadastre étaient venus ici pour la 3ème fois tracer la même voie et on ne sait laquelle des tracées prennent-ils en compte.  Il est normal qu’un espace occupé anarchiquement par la population sans un plan d’urbanisation soit tracé mais le moment choisi pour l’opération n’est pas du tout propice. Et ces péripéties saisonnières, loin d’être des signaux d’alerte ont laissé des traces catastrophiques. Cependant, elles doivent interpeller les agents de la voirie sans crier gare aux sinistrés des intempéries. Les premières pluies ont fait d’innombrables dégâts  laissant quelques familles dans la désolation. La mairie de la commune du 7ème arrondissement vient une fois de plus par cet acte, remué le couteau dans la plaie des habitants d’Ambatta, Atrone et Boutalbagar.  Et pourtant, ce projet, selon feu Gata Ngoulou, l’ex ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’Habitat, la restructuration dans le 7ème arrondissement a fait l’objet d’une farouche opposition par les concernés. Cela, il a engagé une contre-expertise sur les rues mises en causes par la population en 2015. D’après le rapport de la contre-expertise, la maille des rues et la forme des îlots ont été respectées avec des décalages approximatifs de 3 à 20 mètres par endroit. En plus, selon feu Gata Ngoulou, la rue de 25 mètres traversant les sections 1 et 2 a été implantée suivant deux bases différentes. Ce qui est la cause de l’erreur matérialisée par le badigeonnage indue des propriétés en bordure de cette rue, qui devrait perdre en profondeur 15 mètres avait-il constaté. Mais, rien n’a été fait et les travaux d’effondrement sont d’ores et déjà entrepris. Même si du point de vue de quelques agents de la commune du 7ème rencontrés sur les lieux le délai accordé à ceux que leurs maisons sont badigeonnées est raisonnable puisque c’est depuis mai 2015 qu’ils devront quitter ces lieux. En tout cas, le moment est mal choisi pour effectuer ces travaux. Il serait très difficile pour certaines familles d’aller s’installer ailleurs surtout que le coût de loyer est trop exorbitant à N’Djaména et que le ciel reste menaçant. 

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